« Ryukyu Buccaneer » : la faim, puis l’or

Un garçon qui volait des bentos pour nourrir sa mère se retrouve pris dans une chasse au trésor où chacun avance masqué. Rainy Kamitsuki et Nau Doi situent leur aventure dans les Ryukyu du XIXᵉ siècle, au bord d’un monde qui vacille. C’est à découvrir aux éditions Glénat.

Avant le trésor, il y a la faim. Muta Hanagusuku chaparde de quoi faire vivre sa mère, dans une famille déjà brisée par la trahison et l’exécution de son frère. Puis, alors qu’il a maille à partir avec des ennemis, sa mère meurt, et le garçon, accusé d’un crime, est entraîné dans une course à l’or. Il se glisse alors à bord d’un navire où plusieurs clans convoitent le même butin. C’était ça ou l’exécution…

La promesse de ce manga est simple, efficace : après une introduction permettant de caractériser le protagoniste (fort en gueule, talentueux au combat, écorché vif) se déploie un huis clos sur mer, des alliances de circonstance et des plans qu’on garde sous le manteau (parfois littéralement). 

La cupidité fait le reste. Chacun calcule ; la loyauté ne vaut que jusqu’au prochain retournement. Muta y croise Shinsen, tout son contraire : un garçon bien introduit, samouraï, qui a déjà appris à composer avec l’injustice. Leur duo dépareillé donne au récit du relief et à la chasse au trésor ce qu’il faut de piment.

Ryukyu Buccaneer prend pour cadre la fin du shogunat et pourrait ouvrir une fenêtre intéressante sur Okinawa et son histoire. Pour l’heure, tandis qu’affleurent les complots, Muta conserve une qualité qui semble rare : il se montre incapable d’accepter l’injustice et de se résigner. On attend de voir la suite.

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3.5

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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