« Dragon Ball SD » : la saga des cyborgs, avec quelques grains de folie

Le tome 12 reprend le fil des androïdes et de Cell, mais s’autorise des sorties de route savoureuses : conseils de yoga, leçon sur les cigales et personnages qui commentent occasionnellement leur propre manga.

La grande histoire reste en place : C-16, C-17 et C-18 sont de retour, Cell les traque pour atteindre sa forme parfaite, tandis que Vegeta et Trunks s’apprêtent à s’enfermer dans la Salle de l’Esprit et du Temps. Mais Dragon Ball SD aime glisser, entre deux périls, une porte dérobée vers l’absurde. Sangoku conseille ainsi à Trunks, au cas où la cohabitation avec son père tournerait mal, de brûler de l’encens, de prendre un bain chaud et de faire du yoga. « Depuis quand tu es conseiller en santé mentale ? », s’étonne le jeune homme. On le comprend.

C’est tout le sel de ce nouveau format : il suit bien entendu les rails d’Akira Toriyama, mais s’amuse à y poser quelques peaux de banane. Piccolo fait une remarque sexiste avant de s’excuser : sur Namek, le genre n’existe pas. Cell, lui, se montre presque choqué par les propos déplacés de son « frère » vert – oui, parce que sa fratrie est apparemment infinie. La plaisanterie est poussée jusqu’à l’absurde par le fait qu’il a été conçu à partir de cellules prélevées sur des lieux de combats.

Les ajouts ouvrent aussi de petites parenthèses délicieusement incongrues. Sangohan, qui rêve de devenir entomologiste, se lance dans une leçon sur les cigales. Trunks s’agace qu’on prenne sa machine à remonter le temps pour un « plâtre » – certains voudraient y noter des mots d’espoir à foison. Vegeta évoque déjà l’idée de fusionner avec Sangoku, tandis que les personnages se permettent même un clin d’œil à la publication mensuelle de Dragon Ball. Autant de décalages qui, mine de rien, donnent une seconde vie, plus légère et malicieuse, au récit. Les combats, eux, sont passablement raccourcis.

En couleurs, dans le format ramassé du SD, ce tome 12 retrouve l’énergie familière de la saga tout en la regardant de biais. Les lecteurs connaissent déjà la route. On y a semé assez de détours pour leur donner envie de la reprendre. 

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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