Paradise Lost, un film de Andrea Di Stefano : Critique

La petite histoire, au sein de la grande histoire. C’est ainsi que se définit cette tragédie, un mélange de réalité et de fiction. Pour sa première réalisation et scénario, Andrea Di Stefano s’attaque au personnage de Pablo Escobar. Un énorme challenge, sur lequel Oliver Stone et Joe Carnahan entre autres, se sont cassés les dents.

Synopsis : Nick pense avoir trouvé son paradis en rejoignant son frère en Colombie. Un lagon turquoise, une plage d’ivoire et des vagues parfaites ; un rêve pour ce jeune surfeur canadien. Il y rencontre Maria, une magnifique Colombienne. Ils tombent follement amoureux. Tout semble parfait… jusqu’à ce que Maria le présente à son oncle : un certain Pablo Escobar.

Une carte postale légèrement écornée

Mais au lieu de faire un biopic sur le tristement célèbre parrain de la drogue, il utilise des faits réels sur ce dernier, en y insérant une histoire d’amour, entre sa nièce et un canadien, venu rejoindre son frère en Colombie. Un choix discutable, tant la présence de Pablo Escobar, qui plus est, incarné par Benicio Del Toro, focalise l’attention et donne envie de le voir plus souvent, d’en savoir plus sur lui et donc de se retrouver devant un biopic, et non une romance tragique.

Le film Paradise Lost, se compose de deux parties : l’histoire d’amour qui naît entre Nick (Josh Hutcherson) et Maria (Claudia Traisac), avec en fond la découverte du personnage de Pablo Escobar et de son lien avec elle. Puis, la belle idylle vire au cauchemar, avec la descente aux enfers du parrain, qui emporte tout le monde avec lui dans sa chute.

L’histoire commence avec Nick dans une église, visiblement amoché et Maria apeurée, accourant à l’intérieur de celle-ci. On devine facilement, que la romance, va mal se finir. Andrea Di Stefano a choisi de passer par un flashback pour nous conter leur histoire.

La Colombie est belle, la mer tout autant, le soleil brille et Maria illumine l’écran avec son sourire. C’est beau, comme une carte postale, malgré des individus au faciès peu sympathique, qui menacent la tranquillité de Nick et son frère. Mais quand tu sors avec la nièce de Pablo Escobar, la vie devient plus facile, un peu comme le film, qui enchaîne les clichés et les répliques toutes faites, limite dégoulinantes entre Nick et Maria. Cela manque de profondeur, c’est plat et il n’y a pas d’autres personnages intéressants, le réalisateur préférant se concentrer surtout sur Nick, découvrant ce monde, auquel il n’adhère pas.

Maria va présenter Nick à Pablo Escobar, lors d’une fête organisée dans sa demeure pour son anniversaire. Lorsqu’il lui demande ce que fait son oncle dans la vie, elle lui répond le plus naturellement du monde : il exporte la drogue. Sa naïveté est touchante, elle vit dans une bulle, protégée des réalités du monde dans l’immense propriété familiale.

La découverte de la réalité, fait basculer le film dans un drame où la sympathie affichée par Pablo Escobar se fissure, laissant place à sa noirceur. Cette seconde partie est plus intéressante, on passe de la mièvrerie de la première, à un drame sombre où Nick se retrouve pris par la folie du parrain. Malgré tout, cela ne sauve pas l’ensemble; déjà peu enthousiasmante au début, elle tente de se donner un second souffle, sans y parvenir. Il faut dire que le manque de charisme de Josh Hutcherson n’aide pas vraiment, difficile de s’attacher à son couple, à leur histoire, surtout avec toujours cette envie irrépressible d’en savoir plus sur le personnage de Pablo Escobar.

Andrea Di Stefano ne réussit pas sa première réalisation et sans la présence de Benicio Del Toro, elle serait passée inaperçue. C’est étonnant de la part d’un acteur devenu réalisateur, de ne pas développer davantage ses personnages. Il se contente de raconter son histoire, n’enthousiasmant ni par sa réalisation, ni par son scénario. Le sourire de Claudia Traisac ne suffit pas à maintenir l’attention durant près de deux heures et pourtant, il est irrésistible et contraste avec le regard sombre de Benicio Del Toro, le seul intérêt de se rendre dans une salle de cinéma, pour s’infliger ce film.

Paradise Lost – Bande-annonce

Fiche technique: Paradise Lost

Escobar : Paradise Lost
2014 – France-Espagne-Belgique
Réalisation : Andrea Di Stefano
Scénario : Andrea Di Stefano
Distribution : Benicio Del Toro, Josh Hutcherson, Brady Corbet, Claudia Traisac, Carlos Bardem, Ana Girardot, Laura Londono et Aaron Zebede
Montage : Maryline Monthieux
Musique : Max Richter
Photographie : Luis David Sansans
Production : Dimitri Rassam
Sociétés de production : Alta Films, Chapter 2, Nexus Factor, Pathé et Roxbury Pictures
Société de distribution : Pathé
Durée : 120 minutes
Genre : Thriller
Date de sortie française : 5 Novembre 2014

Auteur : Laurent Wu

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