Sebastien Guilhermet

Cannes 2018 : Les Eternels (Ash is purest white) de Jia Zhang-Ke, la pureté amoureuse

La sélection officielle du Festival de Cannes a été marquée hier par sa première véritable sensation, Les Eternels de Jia Zhang-ke. Film de malfrat, romance heurtée, documentaire, analyse sociale d’un pays en friche, Les Éternels marie les genres avec subtilité, mais reste avant tout un portrait de femme impressionnant de conviction et de pugnacité dans une Chine en pleine aliénation économique.

Cannes 2018 : Ten Years in Thailand, une prise de parole politique

Alors que le Festival de Cannes 2018, que cela soit avec Donbass, Rafiki ou même Leto, exorcise la représentation de la politique dans les œuvres dévoilées, 10 years in Thailand continue à tracer ce sillon. 4 réalisateurs, 4 sketchs, 4 visions du cinéma face à une dictature thaïlandaise grandissante.

Cannes 2018 : Cold War de Pawel Pawlikowski, une dolce vita maudite

C’est l’histoire d’une vie, voire même de l’amour d’une vie sans que nos deux tourtereaux ne puissent y goûter pleinement. Cold War de Pawel Pawlikowski nous est dévoilé dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2018 et nous fait vivre une romance singulière, élégante et fragmentée par les soubresauts de la guerre froide.

Cannes 2018 : Leto de Kirill Serebrennikov, l’embrasement du rock’n’roll

La sélection officielle de ce Festival de Cannes 2018 nous dévoile Leto de Kirill Serebrennikov, un film qui transpire le rock et sa furie. D'un point de vue plastique c'est un délice esthétique, doté d’un noir et blanc majestueux malgré quelques effets un peu cheaps. Politique, engagé, et miraculeusement profond, Leto reste malgré tout trop concentré sur son visuel de papier glacé malgré la puissance de certains personnages: comme celui du fantomatique Mike.

Cannes 2018 : Les Confins du monde de Guillaume Nicloux, l’Indochine comme tombeau

Comme dans Valley of Love, le personnage de Les confins du monde est à la recherche d'un fantôme initiatique. Guillaume Nicloux sonne le premier électrochoc du festival de Cannes 2018, dans la section de la Quinzaine des réalisateurs avec un film âpre, sec et violent, ponctué d'une imagerie aussi ésotérique que cadenassée. Les confins du monde est un exercice de style assez périlleux, complaisant dirons les plus réfractaires à l’œuvre, mais qui distille sa violence graphique avec une grande maîtrise.

Cannes 2018 : Donbass de Sergei Loznitsa, pamphlet politique aussi percutant que grossier

Le Festival de Cannes 2018, dans sa section Un certain regard, nous présente Donbass de Sergei Loznitsa. Pamphlet politique assez impressionnant par la puissance de son militantisme (voire propagandiste), aussi tétanisant que ricaneur, Donbass est insurrection mais perd en pertinence suite à une mécanique trop lourde et appuyée pour convaincre totalement.

Cannes 2018 : Rafiki de Wanuri Kahiu, une romance politique

Durant ce Festival de Cannes 2018, la section Un Certain Regard nous présente Rafiki de Wanuri Kahiu, une onde de positivité qui fait écho à une jolie petite romance homosexuelle, à l’écriture parfois bancale et à la technique vacillante, mais dont l’ampleur dramaturgique et la prise de conscience politique font du bien.

Cannes 2018 : Wildlife de Paul Dano, un portrait de famille doux amer

La section de La Semaine de la Critique débute dans ce Festival de Cannes 2018, avec le premier film de l'acteur Paul Dano, Wildlife. Un peu maniéré et pas forcément très subtil dans sa volonté d'accrocher son récit, ce beau portrait de famille de la middle class américaine des 60's vaut le détour pour son duo d'acteur Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal.

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