Luca Moreira

Pense à moi : À la recherche de l’équilibre entre matérialité et poésie, le défi de l’inclusion du spectateur

Le spectateur, lors de la projection du long métrage, est ainsi confronté à une question essentielle : « Qui accomplit la tâche de récupérer ce que nous donnons ? Qui s'engage dans la mission de remettre en marche ce que les gens délaissent ? » C'est cette interrogation à laquelle la réalisatrice se consacre, tout en explorant également les lieux, les espaces et les dynamiques sociales.

Jeunesse (Printemps) : Tisser des liens au fil du travail

Dans Jeunesse (Printemps), le réalisateur Wang Bing plonge profondément dans la vie des jeunes travailleurs chinois, capturant leurs réalités complexes et les défis auxquels ils sont confrontés dans les ateliers de textile. Au-delà de l'apparente répétition quotidienne, le film dévoile une pluralité de relations sociales et de négociations salariales. Des salaires modestes, des confrontations générationnelles et des tentatives de tisser des liens dans un environnement aliénant sont habilement explorés.

Kokomo City : Documentaire sur les travailleuses du sexe transidentitaire

Le premier film documentaire de D. Smith réussit à capturer des femmes au vécu extraordinaire, offrant des récits authentiques qui ne semblent en aucun cas truqués. Malheureusement, le film, cherchant à éviter tout aspect misérabiliste, manque son objectif et étouffe les témoignages de ces femmes prostituées transidentitaires noires par un montage trop lourd et superflu. En tentant probablement de transmettre un message sur la transidentité dans son ensemble, D. Smith oublie même de filmer ces femmes dans leur spécificité, la prostitution.

Perfect Days : Il faut imaginer Sisyphe malheureux

Wim Wenders filme le quotidien répétitif d'un nettoyeur de toilettes à Tokyo, qui se dévoile sans accroche précise au réel. Le réalisateur revisite le mythe de Sisyphe, condamnant malheureusement le spectateur à une absence d'explication claire. Entre la détresse et la solitude, le personnage d'Hirayama trouve un semblant de réconfort dans la musique, tandis que le film oscille entre la poésie de l'absurde et un réel jamais totalement convoqué, laissant le spectateur suspendu dans l'écho de ce conte moderne.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

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Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

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