Beatrice Delesalle

Le ciné, ma passion. L’écriture, mon Graal. Je tente de combiner les 2 sous la forme d’un avis, d’un éloge, d’un commentaire, d’une critique en somme. Ce n’est pas mon métier et ne le sera jamais, mais c’est ce que je fais de plus plaisant et de plus personnel par les temps qui courent. Ces derniers mois, j’ai craqué pour : Carlos Reygadas, Roni Elkabetz, Hiam Abbass, Steve McQueen, Lynne Ramsay, James Franco, David Gordon Green, Jia ZangKhe, Wang Bing, Kim Ki Duk, Hirokazu Kore Eda, Kiyoshi Kurosawa, Pablo Berger, Lars von Trier, Panos H. Koutras, Félix van Groeningen, Miguel Gomes, Çağla Zencirci, Nuri Bilge Ceylan, Emir Baigazin, François Ozon, Philippe Garrel, Alain Guiraudie, Thomas Cailley, Abdellatif Kéchiche. Pour leur film en fait, plutôt.

Un amour impossible de Catherine Corsini : une adaptation impossible réussie avec panache

Après son dernier film plutôt remarqué, La belle Saison, Catherine Corsini semble retrouver, avec Un Amour impossible, l'inspiration de ses débuts, en s'attaquant avec succès au texte éponyme de Christine Angot.

Julieta, un film de Pedro Almodovar : critique

"Julieta" est le récit d'une mère en quête de sa fille. Un drame coloré mais tout en retenue servi par un retour d'Almodovar à ses premiers amours. Si le rouge domine, le bleu de la mer n'est jamais bien loin. Présenté à Cannes en Compétition officielle, le film sort en salles le 18 mai 2016.

Tully : Les hauts et les bas de la maternité ordinaire selon Jason Reitman

Avec des films comme Juno , Young Adult, ou maintenant Tully, Jason Reitman et la scénariste Diablo Cody s'intéressent joliment à des femmes jeunes et moins jeunes aux prises avec la réalité des sociétés modernes, pas toujours très hospitalières.

À genoux les gars : Antoine Desrosières continue à se questionner sur la sexualité d’une certaine jeunesse de banlieue

Avec A Genoux les gars, Antoine Desrosières prend les mêmes actrices (Souad Arsane et Inas Chanti) pour une histoire qui raconte la découverte par deux jeunes soeurs d'une sexualité trop libre et trop contrainte à la fois.

Pororoca, pas un jour ne passe : le Roumain Constantin Popescu insuffle du sang neuf et inédit dans le nouveau cinéma roumain

Semblable à ses compatriotes roumains par le naturalisme très efficace de son très beau film Pororoca, pas un jour ne passe, Constantin Popescu s'en détache par le parti pris d'un film presque de genre. Critique.

La mauvaise Réputation : la norvégienne Iram Haq éveille les consciences sur certaines pratiques sexistes de ses ancêtres

La mauvaise Réputation de la Norvégienne d'origine pakistanaise Iram Haq est un film émouvant et dense qui alerte sur des pratiques ancestrales très sexistes qui existent encore dans cette société qui a peur du qu'en dira-t-on par dessus tout.

Je vais mieux : Jean-Pierre Améris renoue avec le burlesque tendre des Emotifs anonymes

L’œuvre de Jean-Pierre Améris est assez contrastée, et Je vais mieux, son dernier opus, est à mettre aux côtés du très bon Émotifs anonymes : une comédie tendre et juste, mais également une légère critique sociale des faux-semblants de la société d'aujourd'hui qui courbe le dos par lassitude ou résignation.

Manifesto : Un film conceptuel jouissif sur l’Art

Manifesto n'est pas l'OVNI qu'on décrit çà et là. Le film de Julian Rosefeldt est certes un film quasi-expérimental, mais le discours et les courants artistiques successifs qu'il illustre merveilleusement avec la complicité de Cate Blanchett restent tout à fait ancrés dans le temps, comme une réponse au constat de la matérialité accélérée de l'ère actuelle.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

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Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

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