Beatrice Delesalle

Le ciné, ma passion. L’écriture, mon Graal. Je tente de combiner les 2 sous la forme d’un avis, d’un éloge, d’un commentaire, d’une critique en somme. Ce n’est pas mon métier et ne le sera jamais, mais c’est ce que je fais de plus plaisant et de plus personnel par les temps qui courent. Ces derniers mois, j’ai craqué pour : Carlos Reygadas, Roni Elkabetz, Hiam Abbass, Steve McQueen, Lynne Ramsay, James Franco, David Gordon Green, Jia ZangKhe, Wang Bing, Kim Ki Duk, Hirokazu Kore Eda, Kiyoshi Kurosawa, Pablo Berger, Lars von Trier, Panos H. Koutras, Félix van Groeningen, Miguel Gomes, Çağla Zencirci, Nuri Bilge Ceylan, Emir Baigazin, François Ozon, Philippe Garrel, Alain Guiraudie, Thomas Cailley, Abdellatif Kéchiche. Pour leur film en fait, plutôt.

Dirty God : Dans le film de Sacha Polak, Vicky Knight est émouvante dans un rôle plus vrai que nature

Les attaques à l’acide sont un nouveau fléau qui détruit la vie de centaines de femmes en Grande-Bretagne, des milliers par le monde. Avec Dirty God, Sacha Polak s’est emparée du sujet pour en faire un film intense mais qui n’avait pas besoin de l’accumulation de malheurs qu’on y rencontre.

Greta : Grâce notamment à Isabelle Huppert, un retour plutôt réussi de Neil Jordan au bon vieux thriller sauce 90’s

Neil Jordan réussit avec Greta à susciter notre intérêt pour un film pourtant assez formaté et qui fleure bon le thriller des années 90. La prestation impeccable d’Isabelle Huppert n’y est pas pour rien ; l’actrice prouve une fois de plus qu’elle sait absolument tout jouer.

L’autre continent : Un film très attachant de l’autre Cogitore

L’autre Continent de Romain Cogitore est le film d’un cinéaste photographe, et ça se voit. Une photo de toute beauté qui sert une histoire très émouvante qui est portée par l’amour mais qui interroge d’autre thématiques importantes tournant autour de l’identité.

Tremblements de Jayro Bustamante : le sombre récit d’une homophobie quasi institutionnelle

Jayro Bustamante n’y va pas par quatre chemins avec Tremblements pour raconter l’homophobie qui imprègne la bourgeoisie guatémaltèque, sous la houlette d’une église évangélique surpuissante qui a la mainmise sur tout et sur tous

Monrovia, Indiana : sans relâche, Frederick Wiseman remet son ouvrage sur le métier

Monrovia, Indiana, du brillant documentariste Frederick Wiseman, une radioscopie de la vie ordinaire dans une petite commune rurale du Midwest américain, l’Amérique qui a fait confiance à Donald Trump.

Les plus belles Palmes d’Or : Dancer in the Dark de Lars von Trier

Palme d'Or au Festival de Cannes en 2000, Dancer in the Dark de Lars von Trier est une œuvre mûrement réfléchie, intelligemment construite, qu’on ne saurait réduire à un trop-plein de manifestations lacrymales.

Blanche comme neige : Lou de Laâge en oie pas si blanche

Pour son nouveau film Blanche comme neige, une adaptation du conte des frères Grimm, et malgré une orchestration impeccable, Anne Fontaine souffre d’un scénario un peu trop léger qui aboutit sur un film pas suffisamment solide où les exploits érotiques de sa protagoniste tiennent lieu de point d’orgue.

Comme si de rien n’était : un premier film âpre mais sensible sur le déni de viol

Comme si de rien n’était, le premier long métrage d'Eva Trobisch traite intelligemment des rapports de force et de pouvoir et de leurs conséquences.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

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