« L’Histoire du monde par les cartes » : l’humanité cartographiée

Un pays se distingue par ses traditions, sa culture, sa langue, son histoire. Il se caractérise aussi par sa géographie, ses fleuves, ses montagnes, ses territoires disputés, ses bases militaires, ses zones de conflits ou ses ressources naturelles. L’Histoire du monde par les cartes a la particularité de conjuguer l’un et l’autre pour livrer, en 360 pages, du berceau africain à la mondialisation contemporaine, une cartographie de l’humanité.

Des articles concis, des cartes, des illustrations, des repères temporels, des symboles légendés, des encadrés didactiques… L’Histoire du monde par les cartes rassemble de nombreux spécialistes pour conter les différentes étapes de l’évolution de l’humanité. Comme son titre l’indique, le parti pris de ce beau-livre consiste à s’appuyer sur un travail cartographique remarquable pour mettre en exergue des événements historiques dont l’importance apparaît inéluctable. Jugez plutôt : naissance de l’écriture, âge du fer, essor de l’empire perse, cités-États grecques, dynasties chinoises, religions, empire byzantin, croisades, grands navigateurs, Renaissance, essor scientifique (Newton, Galilée, Copernic), traite négrière, Révolution agricole, Lumières, Révolution française, abolition de l’esclavage, migrations, guerre de Sécession, conflits mondiaux, Grande Dépression, superpuissances, décolonisations, Vietnam, chute du communisme…

L’ouvrage s’ouvre avec l’apparition des premiers humains en Afrique, il y a six ou sept millions d’années. La survivance de l’homo sapiens et la disparition progressive des autres homininés sont évoquées, de même que le premier exil du continent africain il y a 177 000 ans. Une carte retrace judicieusement les déplacements dans le temps de l’homo sapiens. Le recours à la cartographie et aux illustrations permet ensuite de mentionner le peuplement des Amériques en provenance de Sibérie, les origines de l’agriculture, la mutation des villages et l’avènement des premières villes, les premières cités des Amériques à partir de 3500 av. J.-C. sur les côtes péruviennes, Rome et ses invasions par les peuples nomades de l’Est, la route de la soie qui fonctionnera pendant 1500 ans, le commerce et les communautés juives en Europe médiévale, la colonisation de l’Amérique du Nord au début du XVIIe siècle, les Révolutions américaine et industrielle (coton, charbon, fer, puis avènement de l’Allemagne et des États-Unis industriels), la colonisation de l’Afrique (en 1914, 90% du territoire est réparti entre sept nations), les guerres (mondiales, froide, révolutionnaires, etc.).

Le choix des fiches répond à plusieurs impératifs : rendre compte, de manière limpide, des événements marquants de l’aventure humaine tout en veillant à une certaine continuité historique. C’est ainsi que différentes parties de l’ouvrage semblent directement se répondre : il en va notamment ainsi des processus de colonisation/décolonisation, des dynasties chinoises, d’un Japon présenté à différentes périodes de son histoire, des Révolutions françaises, américaines ou soviétiques s’opposant à un ordre déterminé par des siècles d’évolution, etc. C’est parce qu’il est parfois plus facile d’expliciter un événement par une carte que par un long développement écrit que L’Histoire du monde par les cartes prend tout son sens.

L’Histoire du monde par les cartes, ouvrage collectif
Larousse, octobre 2019, 360 pages

Note des lecteurs33 Notes
4.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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