« MOBS » : les monstres ont le sens de la chute

Frigiel, Pirate Sourcil et Waltch remettent le couvert et s’amusent des petits travers des créatures du jeu Minecraft. Au programme : une galerie de saynètes où les choses tournent de travers et les gags tombent à point nommé.

Avec les monstres de Minecraft, la vie quotidienne a rarement le temps de devenir monotone. Dans ces pages, les quêtes les plus sérieuses sont volontiers sabotées par un détail : un piège, un malentendu ou un héros un peu trop sûr de lui.

La bande dessinée aime particulièrement retourner les rôles. Un père tente d’apprendre la patience à son fils en pêchant ; l’enfant s’ennuie, s’agite, et la leçon finit littéralement sous l’eau. Un slime, pris pour un trampoline par ses camarades, trouve une alliée inattendue en la personne de sa maîtresse. Quant à deux zombies, ils peuvent transformer une banale discussion en expédition pour trouver du miel, avec les abeilles, bien sûr, au rendez-vous. Les monstres ont beau être familiers aux joueurs, leurs petits problèmes sont délicieusement humains : s’ennuyer, vouloir bien faire, se vexer ou se laisser entraîner.

Les gags naissent souvent d’un décalage entre les mots, les intentions et les actes. Des rangées de pattes peuvent, avec un peu d’imagination, devenir des cheveux. Un personnage peut se plaindre de la chaleur et de la lave de son habitat, expérimenter d’autres milieux et finalement revenir, bienheureux, dans son abri originel. Ailleurs, se rouler dans les fleurs pour sentir bon se mue en leçon de vie scatologique… La chute crée la plaisanterie : elle la cueille au bon moment, avec une simplicité bon enfant.

C’est ce rythme qui fait le charme de MOBS. Les récits sont brefs, autonomes, nourris de détails propres à Minecraft (biomes, créatures, objets et dangers) mais leur ressort reste parfaitement lisible, même pour le « moldu ». On connaît les règles du jeu, et le plaisir vient de les voir servir des situations absurdes, tendres ou franchement calamiteuses. 

Ici, même les monstres ont leurs habitudes. Leurs gags, eux, touchent souvent leur cible.

Mobs (tome 6), Frigiel, PirateSourcil et Waltch 
Glénat, 14 octobre 2026, 48 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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