Arras Film Festival 2016 : Demain tout commence, avec Omar Sy et Clémence Poésy

Première projection de cette nouvelle édition du Arras Film Festival : Demain tout commence, une comédie dramatique oubliable avec Omar Sy, Clémence Poésy et Gloria Colston.

Synopsis : Samuel (Omar Sy) mène sa vie sans attaches ni responsabilités, au bord de la mer sous le soleil du sud de la France, auprès des gens qu’il aime et avec qui il travaille sans trop se fatiguer. Jusqu’à ce qu’une de ses anciennes conquêtes (Clémence Poésy) lui laisse sur les bras un bébé de quelques mois, Gloria (Gloria Colston) : sa fille ! Incapable de s’occuper d’un enfant et bien décidé à rendre la petite à sa mère, Samuel se précipite à Londres pour tenter de la retrouver, sans succès. 8 ans plus tard, alors que Samuel et Gloria ont élu domicile dans la capitale britannique et sont devenus inséparables, la mère de Gloria revient dans le tableau pour récupérer sa fille…

Notre Review de Demain tout commence

La bande-annonce laissait présager une comédie familiale sympathique. Le long-métrage est en réalité plus complexe, plus riche, même trop. En effet, trop d’événements, de drames viennent complexifier le récit, qui aurait pu et même dû s’en tenir à la simplicité du synopsis. À vouloir densifier son récit, le réalisateur Hugo Gélin n’a fait que le perdre de vue. Attention, Samuel semble malade ! Oh non, la mère revient et va jusqu’au tribunal pour récupérer sa fille ! BIM ! Samuel n’est finalement pas le père biologique. Et attention, BIG SPOILER, c’est finalement Gloria qui n’a plus beaucoup de temps à vivre et… Stop. Pas besoin d’aller plus loin. Au-delà des outils mélodramatiques déployés pour mettre en place un franche tire-larmes et quelques sourires égayés de ci, de là, on reprochera à ce fourre-tout nommé Demain tout commence de tromper, mentir littéralement au spectateur pour amplifier et mettre en place ses ressorts dramatiques. Malgré quelques beaux moments réussis dont on ne sait pas à qui revient la paternité – oh oh le jeu de mot – , au réalisateur, au chef opérateur, au scénario, à un ensemble ou à un autre élément, le film a une réalisation pas assez forte pour supporter le méchoui scénaristique. D’ailleurs, certaines images ont une matière vidéo étrange digne de productions télévisuelles pauvres – vous aurez un exemple signé TF1 évoqué un peu plus bas. La post-production était-t-elle finie lors de cette avant-première ? Une question à ne pas écarter même si la sur-propreté des décors, des acteurs, de l’ensemble est bien présente ici.

Alors l’ennui se pointe, avec l’impression de se faire berner par cette histoire gentillette et son récit foutraque. La morale finale (présentée dès le début du film) en agacera plus d’un, et en achèvera d’autres.

Autre défaut majeur et pas des moindres, le casting. Si il y a de beaux moments de complicité entre Omar Sy et la jeune et lumineuse Gloria Colston, l’acteur et humoriste français a une interprétation limite, digne des téléfilms TF1 tels que Camping Paradis. Cela, au même titre que Clémentine Célarié en mode automatique. Parfois aussi, Colston expose facilement ses faiblesses. On pense alors aux moqueries supportées par Jake Lloyd sur le tournage de Star Wars Épisode I, où des techniciens l’auraient décrit comme un enfant poupée ou acteur-marionnette, manipulé, sur-guidé, plus qu’il ne joue. Qu’on se le dise, il est difficile de mettre en scène des enfants. Le réalisateur n’a peut-être pas totalement réussi ce défi, mais il s’en sort toutefois très bien. Certes on a vu mieux, mais on a vu bien pire (Jake Lloyd dans la Course aux Jouets). Clémence Poésy s’en tire mieux, passée sa disparition ; sa pudeur et sa grâce mélancolique la servant beaucoup lors du retour du personnage de la mère.

Nous parlions de téléfilms signés TF1. Justement, le film a été produit par la chaîne ainsi que par Canal +. Si nous avons parfois droit à de très belles images, à quelques beaux moments de cinéma français, il faut le dire, sans méchanceté : Demain tout commence est un film taillé pour la télévision. Au final, ce long métrage propret est inoffensif au possible, à l’image de sa musique, entre réutilisation de musique pop’ et une composition originale proche du néant, est un film bonbon auquel on goûte de temps en temps, qu’on consomme et oublie avant d’accueillir et digérer le prochain. « Un film du dimanche soir », a déclaré un journaliste lors d’un repas de la presse. Et pour citer une autre personne, ou plutôt ici, un personnage, James Bond (Daniel Craig), dans Casino Royale : « Oui, indéniablement. »

Demain tout commence

Un film de Hugo Gélin
Avec Omar Sy, Clémence Poésy, Gloria Colston…
Distribution : Mars Distribution
Genre : Copmédie, Drame
Date de sortie : 07 Décembre 2016

France – 2016

Demain tout commence : Bande-annonce

 

 

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.