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Accueil Festivals Gwennaëlle Masle·17 mai 2018·2 min de lecture·0Cannes 2018 : Carmen y Lola, une dose d’amour à la Quinzaine PartagerFacebookTwitterPinterestEmail Gwennaëlle Masle Responsable Cinéma LeMagduCiné Carmen y Lola continue de prouver la grande qualité de la sélection de la Quinzaine des réalisateurs cette année. Avec une histoire pleine de force et de douceur, Arantxa Echevarría offre un beau film sur les femmes dans la communauté gitane. Il aura fallu du temps pour digérer les émotions provoquées par ce film aussi doux que brut. La réalisatrice Arantxa Echevarría livre une grande réussite avec son premier film, en lice pour La Caméra d’Or. Carmen y Lola conte la romance de deux adolescentes gitanes de manière aussi élégante que bouleversante. Sans en dire trop sur le film, Carmen doit, comme le veut la tradition, se marier dans quelques semaines avec un homme qu’elle trouve très beau. Lola quant à elle jongle entre le lycée et le marché avec sa famille. Même si on imagine rapidement comment les choses vont se dérouler, la cinéaste fait de cette histoire romantique un film rayonnant. Autant par la musique gitane que par la lumière posée sur ses deux actrices, issues elles-mêmes de cette communauté. Leur idylle est comme une bulle de coton au milieu des tags et de la vie autoritaire et patriarcale qu’elles subissent. Cette bulle, la réalisatrice parvient à la créer aussi avec le spectateur qui est totalement emporté dans leurs moments de tendresse où tout autour disparaît, y compris le son. Les mélodies espagnoles disparaissaient pour laisser place à un silence renversant ponctué de baisers ou de regards volés joués tout en retenue et en suggestion. Le public retient son souffle et savoure ces scènes pleines de délicatesse et de douceur où la sexualité ne trouve pas sa place, mais les moments n’en sont que plus beaux. Contrairement au cinéma habituel, les corps nus ne sont pas réellement montrés. Arantxa Echevarría va justement à contre-courant de cela et décide de montrer la sensualité dans une scène où Lola habille Carmen, plutôt que de la déshabiller. La réalisatrice ne fait pas seulement de son film une œuvre politique ayant pour but de se faire porte-parole d’une communauté niée par les gitans. Elle se veut aussi libératrice pour les femmes dans ce milieu dicté par les codes masculins et machistes. Le père de Lola illustre à la perfection ce que la réalisatrice veut dénoncer et l’acteur joue avec un cran naturel cette figure tyrannique qui bouscule aussi bien sa femme, sa fille que le public, inefficace face à tant de rage. La scène déchirante de la découverte de l’homosexualité de Lola par ses parents marque le film d’un grand coup de poing, tant les cris de la mère et le sort infligé à la jeune adolescente rendent malade et révoltent. Elle qui ne rêve que de liberté et passe son temps à dessiner des oiseaux, symbole de l’envol qu’elle veut prendre, la voilà soumise aux règles dictatoriales d’une société qui la renie. « Être une femme reste difficile. Être une gitane, dans une culture véhiculant des siècles de patriarcat et de sexisme, ajoute aux difficultés. Être femme, gitane et lesbienne vous rend invisible. » Bande-annonce : Carmen y Lola Synopsis : Une histoire d’amour entre deux jeunes femmes gitanes dans un milieu où l’homosexualité est un tabou. [Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2018] Carmen Y Lola, un film de Arantxa Echevarría Avec Carolina Yuste, Moreno Borja, Rafaela León, Rosy Rodriguez, Zaira Romero… Genres : Drame, Romance Distribution : Eurozoom Durée : 1h 43min Date de sortie Prochainement Nationalité espagnol
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