Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

Cannes 2025 : Woman and Child, à l’épreuve de la retenue

Dans "Woman and Child", Saeed Roustaee explore avec finesse les fractures du patriarcat iranien à travers le combat d’une mère face à une société injuste. Moins percutant que ses précédents films, le drame conserve la force émotionnelle et l’engagement social du cinéaste.

Cannes 2025 : « Die, My Love », comme un animal mort

Avec "Die, My Love", Lynne Ramsay livre un film prétentieux et confus, où la mise en scène écrase tout – personnages, récit, émotion. Malgré l’intensité de Jennifer Lawrence, le résultat est un exercice de style stérile et pénible, aussi vide que bruyant.

Cannes 2025 : Les Aigles de la République, au bal des menteurs

Avec "Les Aigles de la République", Tarik Saleh revient à Cannes avec une satire politique puissante sur la propagande et le cinéma, portée par Fares Fares en acteur pris au piège d’un régime autoritaire. Un film sombre, lucide et brillamment interprété.

Cannes 2025 : Planètes, l’odyssée de la nature

Présenté à la Semaine de la Critique, "Planètes" de Momoko Seto est une fable écologique et sensorielle, sans dialogues, mêlant animation 3D et prises de vue réelles pour raconter l’odyssée de graines de pissenlit en quête de survie après une catastrophe. Une œuvre mémorale.

Cannes 2025 : Un simple accident, la revanche des martyrs

Les coïncidences ne sont jamais anodines : elles alimentent la volonté de résistance de Jafar Panahi face au régime islamique iranien. "Un simple accident" est à la fois un titre hautement symbolique et le point de départ d’une méditation sur les droits des victimes, en quête de réparation intérieure. Derrière ses faux airs de film de vengeance, le cinéaste iranien s’appuie sur une galerie de personnages ordinaires et saisissants pour continuer à défendre, sans relâche, la liberté et la justice.

Cannes 2025 : Entroncamento, survivre à la nuit

Pedro Cabeleira signe un polar social percutant à Entroncamento, sa ville natale, où une jeunesse désabusée, entre précarité, violence et quête d’espoir, tente d’échapper à son destin. Un portrait brut, féminin et bouleversant.

Cannes 2025 : Sons of the Neon Night, broyer du noir

Treize ans après Rigor Mortis, Juno Mak revient avec "Sons of the Neon Night", un film ambitieux attendu au tournant. Plongée visuellement saisissante dans un Hong Kong dystopique, l’œuvre promettait un renouveau du polar hongkongais. Mais derrière son esthétique soignée, le film s’enlise dans une narration confuse et une mise en scène pesante, laissant une impression de vide malgré ses ambitions.

Cannes 2025 : Exit 8, la peur de l’inconnu

Présenté en Séance de minuit au festival de Cannes, "Exit 8" de Genki Kawamura mêle boucle temporelle, introspection et critique sociale dans un thriller existentiel inspiré d’un jeu culte au succès mondial.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.