Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

Cannes 2025 : Entroncamento, survivre à la nuit

Pedro Cabeleira signe un polar social percutant à Entroncamento, sa ville natale, où une jeunesse désabusée, entre précarité, violence et quête d’espoir, tente d’échapper à son destin. Un portrait brut, féminin et bouleversant.

Cannes 2025 : Sons of the Neon Night, broyer du noir

Treize ans après Rigor Mortis, Juno Mak revient avec "Sons of the Neon Night", un film ambitieux attendu au tournant. Plongée visuellement saisissante dans un Hong Kong dystopique, l’œuvre promettait un renouveau du polar hongkongais. Mais derrière son esthétique soignée, le film s’enlise dans une narration confuse et une mise en scène pesante, laissant une impression de vide malgré ses ambitions.

Cannes 2025 : Exit 8, la peur de l’inconnu

Présenté en Séance de minuit au festival de Cannes, "Exit 8" de Genki Kawamura mêle boucle temporelle, introspection et critique sociale dans un thriller existentiel inspiré d’un jeu culte au succès mondial.

Rencontre avec Tudor Giurgiu pour « Libertate »

Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.

Libertate : un bain de terreur

Avec "Libertate", Tudor Giurgiu replonge dans un épisode oublié de la révolution roumaine. Un film coup de poing, entre tension brute, mémoire collective et chaos historique. Fort, imparfait parfois, mais essentiel.

Cannes 2025 : Dangerous Animals, peur sur la Croisette

Présenté à la Quinzaine des cinéastes, "Dangerous Animals" de Sean Byrne revisite le slasher avec une héroïne forte et une critique acérée de la masculinité toxique.

Cannes 2025 : Eddington, le cauchemar américain

Avec "Eddington", Ari Aster signe un cauchemar politique glaçant, disséquant une société post-pandémie rongée par la peur, la violence et la désinformation.

Cannes 2025 : Qui brille au combat, entre deux mondes

Dans "Qui brille au combat", Joséphine Japy signe un premier film intime sur le handicap, l’amour familial et l’émancipation.

Newsletter

À ne pas manquer

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.