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Welcome to Leith, de M. Beach Nichols et C. Walker : Critique, Champs-Élysées Film Festival

Une histoire hallucinante mais réelle
L’histoire en elle-même peut sembler être une mauvaise blague. Comment un seul homme réussit-il à s’emparer d’une ville pour en faire son QG en à peine 3 mois ? C’est-ce qu’on voulu montrer les deux réalisateurs de Welcome to Leith. Après la lecture d’un article dans le New York Times qui en parlait, Michael Beach Nichols et Christopher K. Walker se sont intéressés à l’évènement afin de le traiter et d’en parler objectivement.
Le tournage du documentaire a commencé en Octobre 2013, soit trois mois après l’installation de Craig Cobb à Leith. La première partie du film marque sa prise de pouvoir progressive et menaçante au sein de la petite communauté. Au début très discret, Craig achète plusieurs terrains et habitations, qu’il revend ensuite à la NSM (Mouvement National-Socialiste Américain) et à ses membres du parti afin qu’ils s’installent à Leith. Imposant leur idéaux radicaux, ils n’hésitent pas à manifester un intérêt pour la politique de la ville afin de mieux la contrôler. Ainsi marque le début de l’horreur pour Leith et ses habitants.

Le documentaire revêt lui-même des allures de films d’horreur avec un décor proche des villes apocalyptiques de The Walking Dead. La réalisation du film joue sur cette tension prête à imploser dans ce théâtre de haine et de violence palpable. Entre témoignages des habitants traumatisés tel un documentaire classique, et réelle insertion dans leur intimité au quotidien, le documentaire prend suffisamment de profondeur pour éveiller de l’empathie auprès du spectateur.
Le film reste tout de même objectif en parvenant à faire témoigner Craig Cobb (Non sans avoir d’abord fait des tests pour s’assurer de la « pureté » de sang des réalisateurs.) et d’autres membres du NSM. Témoins de leur position, qu’ils s’accordent à affirmer être légale grâce au premier amendement américain, on reste horrifié de la facilité avec laquelle ils ont pu exercer leur propagande antisémite.

Jusqu’où va la liberté d’expression ?
Tout part de ce droit immuable dont les américains sont fiers, mais qui présente avec cet exemple, une faille indéniable. Craig Cobb est un homme intelligent qui a réussi à contourner les lois pour mieux harceler et faire pression sur ceux qu’ils considéraient comme une menace. Certes, tout citoyen américain a le droit de défendre ses opinions tant qu’il ne blesse personne. Mais on parle là tout de même de groupes racistes, se cachant derrière leur droit d’expression pour mieux propager leurs idées haineuses et belliqueuses. Ne devrait-on alors pas imposer une nouvelle limite à cette liberté d’expression ? C’est le débat que voudrait susciter le documentaire en montrant l’exemple de Cobb et sa liberté d’agissement.
Malheureusement pour le rythme du documentaire, la partie sur le procès s’éternise. On assiste également au manque de justice de cette affaire avec la libération de Cobb et ses complices. Loin de se repentir de ses actions, Cobb a en parti accepté de participer au documentaire pour défendre fièrement ses idéaux tel un outil de propagande. Persuadé que son exemple sera poursuivit par d’autres, il prend cette histoire non pas comme un échec mais une victoire.

Bienvenue à Leith, la vie d’après
Suite à l’expulsion de Craig Cobb, les habitants de cette ville sans histoire, autrefois tranquilles, se remettent peu à peu de la violence vécue. Aujourd’hui encore, des terrains de la ville appartiennent au NSM, tel la menace silencieuse de leur retour. Craig Cobb vit actuellement dans une autre petite ville du même gabarit que Leith, et n’a pas fini de faire parler de lui.
L’intérêt du documentaire est d’éveiller les foules et combattre ce genre de pressions xénophobes qui agissent tacitement et dont la légalité doit être remise en cause. Pas si objectif que ça le documentaire montre souvent l’aspect ridicule que peut avoir Craig Cobb dans son orgueil démesuré, le film réussit tout de même à faire susciter dégout et l’effroi face à cet évènement et pour ceci il mérite d’être salué.

Synopsis : Leith, petite ville isolée de 25 habitants dans le Dakota du Nord, passe en quelques mois sous le contrôle d’un seul homme : Craig Cobb. Représentant actif de la « Suprématie blanche », il tente d’installer une communauté de fidèles à sa cause en toute légalité, et sous les yeux horrifiés des habitants. Welcome to Leith s’empare donc de cet évènement peu croyable afin d’avertir le public de la menace de groupes terroristes radicaux qui sévissent librement aux Etats Unis.

Bande annonce du film Welcome to Leith :

Welcome to Leith – Fiche technique :

Titre original : Welcome to Leith
Date de sortie : 12 juin 2015
Nationalité : Américaine
Réalisation : Michael Beach Nichols, Christopher K. Walker
Scénario : Michael Beach Nichols, Christopher K. Walker
Montage : Michael Beach Nichols
Production : Jenner Furst, Joey Carey, Joshua Woltermann
Sociétés de production : Lions Gate Film.
Sociétés de distribution : Lions Gate Film.
Budget : NR
Genre : Documentaire, Thriller.
Durée : 86 mins
Récompense(s) : NR

 

Jurassic World, un film de Colin Trevorrow : Critique

Film préhistorique

En 2015, les années 80-90 ont vraiment la cote et il y a une volonté générale de rechercher à tout prix ce charme d’antan qui a vu naître l’âge d’or des blockbusters en mélangeant spectacle visuel abouti et maîtrise d’écriture. Un savoir-faire qui s’est un peu perdu avec les années qui ont vu les films à gros budgets devenir calibrés et fades notamment avec l’émergence des films de super-héros et ce malgré quelques belles fulgurances. Et cette année, cette volonté de replonger dans le passé vient de causer la multiplication de remakes/reboots/suites qui devraient marquer le cinéma pour les années à venir. Mais cette tendance est-elle une bonne chose ? Arrivera-t-elle à réactualiser le charme à l’ancienne tout en proposant quelque chose de nouveau et respectueux des origines ? Après la fabuleuse réussite qu’était Mad Max Fury Road, on est en droit de rêver. Mais avant Terminator, Star Wars & Co, qu’en est-il de l’héritage du mythique Jurassic Park ?

La saga avait déjà été un peu maltraitée avec un deuxième opus moins maîtrisé que son aîné mais qui restait malgré tout réussi grâce à des belles intentions de mise en scène. Ensuite l’ensemble s’était un peu égaré avec un troisième film relativement moyen qui était en contradiction avec les deux autres opus, surtout dans la caractérisation des personnages. Il disposait quand même d’une ou deux excellentes séquences (celle de la volière en particulier). Alors qu’en est-il de ce nouveau film qui vient faire suite au premier opus (sans pour autant renier les autres) plus de 20 ans après ? Et bien ce Jurassic World est tout simplement le moins réussi de la saga, se révélant encore plus décevant que le troisième opus qui l’était déjà. Le film loupe toute ses intentions de base, qui pourtant n’étaient pas mauvaises, en voulant absolument s’ériger en film hommage, il oubli de créer sa propre mythologie et de fonctionner en tant qu’œuvre à part entière. On a un peu l’image d’un gosse hyperactif qui court dans tous les sens mais sans cesser de regarder en arrière et, ne regardant pas où il va, se prend tous les obstacles sur son chemin et se ramasse lamentablement. Pour autant il continue de se relever et poursuit sa course effrénée, ce qui d’une certaine manière est honorable.

Après les intentions sont bonnes et même certaines idées sont bien trouvées comme par exemple le traitement fait au « dressage » de raptor qui se montre moins ridicule que prévu et plutôt bien géré, même si le final vient un peu casser tout ça. Malheureusement l’écriture se montre particulièrement faible. La narration tout d’abord est bancale et trop verbeuse, le film met beaucoup trop de temps à se lancer à cause de blabla inutiles, là où Spielberg se contentait de nous montrer les enjeux avec brio en se passant d’exposition pompeuse. Ici la première heure se fait vraiment trop pénible en partie car elle se repose sur des personnages inintéressants et mal caractérisés. Ensuite aucun d’entre eux n’est attachants ou charismatiques à l’image d’un héros très fade qui fait ersatz beauf d’Indiana Jones, des adolescents stupides et têtes à claques (après cela a toujours été la faiblesse de la saga) et des personnages féminins relativement mal exploités. Sans parler aussi d’un méchant caricatural qui n’a pas sa place dans le film et d’un personnage qui revient du premier film mais où sa psychologie à totalement été remaniée et cela ne lui va pas une seconde. Faisant par ailleurs une grosse insulte au premier film. Aucun des personnages n’a vraiment d’incidence sur le récit, ils ne sont que spectateurs et chacune de leurs tentatives se soldent par des échecs faisant des dinosaures les seuls « personnages » d’intérêts du film. Cela fait que l’on est déconnecté du film qui n’a finalement rien à offrir sur le plan narratif. Même dans ses tentatives méta, avec un message sur la jeunesse qui ne s’émerveille plus et qui à toujours besoin de plus que ce qu’on ne lui offre cela manque cruellement de subtilité et d’intelligence d’écriture.

Par-dessus ça même les acteurs peinent à faire croire au récit notamment Chris Pratt qui devient ici la caricature de lui-même, il n’a jamais été habitué au rôle finement écrit mais là où ça servait bien le film dans Guardians of the Galaxy, ici c’est en total décalage allant même jusqu’à déjouer tout enjeux dramatiques. Car à trop faire son show en essayant d’amuser la galerie il devient un clown qui n’a pas sa place dans le film et il cabotine beaucoup trop enlevant toute crédibilité à son personnage. Après le reste du casting n’est pas non plus des plus convaincants mais arrive néanmoins à faire le job comme Bryce Dallas Howard, l’atout du film, qui arrive à faire croire à l’entreprise malgré le mauvais traitement de son personnage. Ensuite Omar Sy est inutile, personne ne l’écoute et au final tout le monde s’en fout, notre acteur national méritait mieux pour le coup, tandis que Vincent D’Onofrio s’amuse comme un gosse et joue à fond la caricature.

Ensuite là où on attend vraiment le film c’est sur sa mise en scène et son aspect technique, ce qui faisait la force de son aîné mais ici sans être mauvais ce n’est pas à la hauteur de l’héritage de la saga. Les effets spéciaux sont parfois ratés et manquent cruellement d’âme mais le montage se montre plutôt efficace assurant un rythme soutenu au film et empêchant tout ennuie surtout dans la deuxième partie du film. Tandis que le score musical de Michael Giacchino est assez inspiré même si il réexploite maladroitement le thème culte de John Williams. La mise en scène de Colin Trevorrow quant à elle se montre plutôt maîtrisée mais elle manque singulièrement de caractère. Elle est spectaculaire mais jamais mémorable, aucunes séquences ne marquent les esprits et l’ensemble se révèle assez fade à cause de cela, surtout qu’il y a un manque flagrant d’émotions. Sur ce plan une seule scène se montre efficace et bien fichue, c’est la seule qui implique un animatronique et qui arrive à toucher du doigt l’essence du film d’origine. Qu’on se le dise, c’est la meilleure scène du film. Après celui-ci cumule les placements de produits foireux et se perd dans un final aberrant et ridicule dans son principe comme dans sa manière d’être filmé qui non seulement se montre grossière, avec des plans iconiques sortis d’un mauvais nanar (les plans de fin sont nullissimes) et des facilités narratives agaçantes en utilisant pas un mais trois Deus Ex Machina, mais qui en plus renies toute les bonnes idées que le film avait réussi à mettre en place.

En conclusion Jurassic World est un mauvais film car non seulement il ne sait pas gérer l’héritage de la saga et ainsi le renouveler mais en plus il est tout ce que le premier film n’a jamais été échouant lamentablement dans son hommage. C’est même une oeuvre qui est parfois schizophrène en dénonçant dans son message ce qu’il s’empresse allègrement de faire tout de suite après, un peu dans le style « faite ce que je dis mais pas ce que je fais », ce qui souligne une certaine mauvaise fois dans le principe du film (il critique le « too much » mais s’y plonge allègrement). Il rabâche sans cesse que c’était mieux avant mais au lieu de s’imprégner des qualités de son ancêtre et de les remodeler à notre époque il préfère se complaire dans les poncifs actuels et crée ainsi un décalage avec ce qu’il veut faire. Il cite son aîné sans jamais vraiment le comprendre et ne parvient pas à ériger sa propre voie. Après il est vrai que l’on ne s’ennuie pas devant le spectacle mais ce n’est pas pour autant qu’il est réussi car malgré ses bonnes intentions et ses quelques bonnes idées, celui-ci est mal écrit, bancalement interprété et il manque d’âme. On ne frissonne plus comme on l’avait fait par le passé ou comme nous avait fait frissonner le nouveau Mad Max, en espérant qu’il ne soit pas une exception et que le renouveau des sagas venue du passé soit plus réussi que ce que nous à offert ce Jurassic World.

Synopsis: L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

Jurassic World / Bande-Annonce Officielle

Jurassic World :  Fiche Technique

États-Unis – 2015
Réalisation: Colin Trevorrow
Scénario: Rick Jaffa, Amanda Silver, Derek Connolly, Colin Trevorrow
d’après: les personnages de: Michael Crichton
Interprétation: Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson, Ty Simpkins, B.D. Wong, Judy Greer, Irrfan Khan, Vincent D’Onofrio, Omar Sy
Image: John Schwartzman
Montage: Kevin Stitt
Musique: Michael Giacchino
Producteur: Frank Marshall, Patrick Crowley, Steven Spielberg
Production: Universal Pictures, Amblin Entertainment, Legendary Pictures
Distributeur: Universal Pictures International France
Date de sortie: 10 juin 2015
Durée: 2h05

Un spin off pour le Surfer d’Argent ?

Un spin off pour le Surfer d’Argent : les discussions reprennent !

La dernière fois que le Surfer d’Argent apparaissait sur grand écran, il servait de méchant dans Les Quatre Fantastiques et le Surfer d’Argent et bien que la fin du film laissât une marge quant au retour de la sentinelle, cette suite avait été abandonnée par la 20th Century Fox. Tandis que la saga des Quatre Fantastiques continue, nous avions déjà failli voir le Surfer d’Argent voler dans son propre spin off en 2009. Un film en solo qui inspire la Fox depuis quelques années et dont le scénario de J. Michael Straczynski (scénariste de Sense8, Underworld : nouvelle ère, Thor) lui-même a été ressorti récemment.

Interrogé par Comicbook.com le 11 juin à propos d’un film sur le Surfer d’Argent, Doug Jones, qui jouait le personnage physique de la Sentinelle dans Les Quatre Fantastiques (Laurence Fishburne avait prêté sa voix), a révélé qu’un scénario avait bel et bien été écrit pour ce film.

« D’après ce que j’ai compris, il y a une partie de l’accord à trois qui n’a jamais abouti. J. Michael Straczynski avait écrit un scénario pour le spin off et quelque chose s’est passée avec le script. Après ça, j’ai perdu le fil et je n’en sais pas plus. Je n’ai jamais vu le scénario. Je ne l’ai jamais lu. J’ai juste entendu qu’il avait été écrit et j’ai pensé que si J. Michael le faisait ce serait génial… Et puis, la discussion s’était arrêtée là mais, récemment, elle vient de reprendre alors : Taa daa ! », a déclaré l’acteur.

Avec Straczynski en scénariste, le solo du Surfer d’Argent est entre de bonnes mains ! Toutefois, ce n’est pas la première tentative pour un Surfer d’Argent. En 1999, le réalisateur James Gunn avait été contacté par la Fox pour reprendre l’histoire de la « Sentinelle de l’Univers » mais le projet n’avait pas abouti. En 2009, le scénario écrit par Straczynski n’était pas retenu en raison du flop des deux derniers films de la saga des Quatre Fantastiques. Cette année-là, le scénariste avait expliqué :

« Qu’est-ce-qui se passe quand un Quatre Fantastiques 2 n’est pas aussi bien fait qu’il le devrait ? Eh bien, ils remettent en question le film du Surfeur d’Argent. Le scénario que j’ai écrit reprend là où ils se sont arrêtés dans le Quatre Fantastiques 2, alors s’ils font un film sur le Surfeur d’Argent, ça devra être différent. (…) C’est vraiment une histoire pour adultes. Je voulais raconter les origines du Surfeur et le mettre dans un tout. »

Le grand moment serait-il enfin arrivé pour la Sentinelle ? De son côté, Doug Jones a admis dans son interview qu’il sauterait sur l’occasion de jouer de nouveau le Surfer d’Argent. Affaire à suivre…

The Road Within, un film de Gren Wells : Critique, Champs-Élysées Film Festival

Gren Wells, la réalisatrice, figure dans la liste établie par Variety des dix cinéastes les plus prometteurs. Le long métrage a remporté le Prix du Meilleur Film au Festival de Rome en 2014 où il a été présenté en avant-première mondiale.

Alors que le synopsis promet un road trip assez simpliste, aux ordonnances comiques, le film met à nu trois maladies sérieuses figurées par trois acteurs excellents : Zoe Kravitz (Divergente, Mad Max) en anorexique aux cheveux violets, Dev Patel (Slumdog Millionnaire, Skins) souffrant de TOC et enfin Daniel Sheehan (Misfits) qui interprète Vincent, atteint du syndrome de la Tourette. Une maladie dont le sujet est sensible car rarement pris au sérieux dans les films, mais au contraire, habituellement dépeinte de manière risible. Ici, encore, l’intention de la réalisatrice est d’opter pour une éducation des consciences via le divertissement. Mais certaines scènes peuvent choquer et à la fois faire rire, ce qui est assez déroutant.

Un Road-Trip adolescent
Le film est mis en scène comme un road trip. Vincent, qui n’a au début aucune intention de s’enfuir de l’hôpital, se laisse entrainer par la séduisante Marie en volant la voiture de leur Docteur (Kyra Sedgwick). Le voisin de chambre, Alex, se retrouve témoins de leur escapade et se fait kidnapper contre sa volonté. Ainsi, ces trois jeunes se retrouvent sur la route, et ont pour objectif d’aller en bord de mer (lieu ou Vincent pourra y jeter les cendres de sa mère).
Comme dans les road trip traditionnels, peu importe la destination, c’est le voyage qui compte. Or dans The Road Within, on assiste à l’évolution de tous ces personnages qui vont affronter leurs peurs de l’extérieur, et, au regard que portent les gens sur leur maladie. Mais le film aborde également d’autres sujets sérieux, comme le deuil, l’abandon, la volonté de vaincre une maladie …

Divertissant mais dérangeant

Drôle et mordant, par son utilisation nécessaire de vulgarités, le film est adressé avant tout à un public jeune. Il touchera d’autant plus qu’il aborde la maladie mentale, tel un gros mot interdit à prononcer. En utilisant un ton léger, il peut permettre de dédramatiser ce qui est considéré comme honteux, ainsi que sensibiliser notre regard porté sur ces maladies mentales.

Pourtant utiliser l’humour pour rendre ridicules les symptômes, et ce de manière répétée, peut aussi rendre mal à l’aise le spectateur. C’est ce qui est le plus problématique pour un film qui se veut se différencier de ce que l’on sert habituellement. Les scènes drôles sont justement celles où l’on est témoin des TOCs d’Alex ; par exemple, lorsqu’il referme cinq fois de suite la portière alors qu’ils viennent de voler; ou encore quand il stoppe la voiture à chaque nid de poule, par peur d’avoir écrasé quelqu’un. En rire ne signifie pas mieux comprendre son trouble, reproche commun que l’on pourrait faire à la série The Big Bang Theory dont l’humour repose en partie sur le comportement de Sheldon, souffrant du syndrome d’Asperger qui est une forme d’autisme. Donc au mieux, on peut ressentir de la pitié face à l’irrationalité de sa maladie, mais c’est tout.
Alors oui, ces scènes restent marrantes, mais aussi maladroites. Une preuve de plus que le mélange de sujets sérieux ou sensibles avec l’humour peut être un mauvais mélange.

Un travail d’acteurs excellents pour une réalisation gentille
Quant aux acteurs, on peut admirer leur travail pour incarner au mieux leur trouble. Notamment Daniel Sheehan qui mit six mois pour préparer son rôle et rendre vraisemblables les excès gestuels et verbaux dus à la maladie. Dev Patel avec ses gants de maniaque du propre est très touchant et Zoe Kravitz n’a de son coté presque plus rien à prouver avec son parcours sans faute et ses derniers rôles éclectiques.
Gren Wells dresse un portrait, qui se veut honnête des jeunes qui combattent leur maladies mentales, que ce soit des symptômes physiques (troubles alimentaires et addictions) et/ou mentaux (dépressions et syndromes). Malgré l’humour, le film a la volonté d’être sérieux. Il le sera essentiellement pour un public jeune. Dommage que le film se réconforte dans la comédie au détriment du sérieux souhaité. Par moment, on ressent qu’il est un peu trop poussé dans le tragique ou l’émotif, pour se rendre plus sérieux.

Synopsis : Vincent (Daniel Sheehan), atteint du syndrome de la Tourette vient de perdre sa mère. Son père, dont la carrière politique importe plus que le bien être de son fils envoie celui-ci en hôpital psychiatrique. Là-bas, il y fait la rencontre d’Alex (Dev Patel), son camarade de chambre souffrant de TOC, et la charmante Marie (Zoe Kravitz). Ensemble, ils s’embarquent dans un road-trip vers la Californie afin de répandre les cendres de la mère de Vincent.

The Road Within : Trailer

The Road Within : Fiche technique

Titre original : The Road Within
Date de sortie : 17 Avril 2015  (Etats-Unis)
Nationalité : Américaine
Réalisation : Gren Wells
Scénario : Gren Wells
Interprétation : Daniel Sheehan, Zoe Kravitz, Dev Patel, Robert Patrick, Kyra Sedgwick
Musique : Josh Debney, The Newton Brothers
Photographie : Christopher Baffa
Décors : NR
Montage : Terel Gibson, Gordon Antell
Production : Michael A. Helfant, Robert Stein, Brent Emery
Sociétés de production : Well Go USA Entertainment, Amasia Entertainment
Sociétés de distribution : Troika Pictures
Budget : NR
Genre : Comédie, drame
Durée : 101 minutes
Récompenses : Meilleur acteur dans un second rôle (Dev Patel) ; Meilleure actrice dans un second rôle (Zoë Kravitz)

Casa Grande, un film de Fellipe Barbosa: critique

La tectonique des castes. 

Si le Brésil semble occuper une place de plus en plus imposante sur la scène économique mondiale (Puisqu’il nous précède, à la 7ème place du classement des PIB), peser de plus en plus lourd dans la balance géopolitique également ; le pays traine cependant, comme un boulet, ces indécentes inégalités qui caractérisent plus que jamais ces nations qui grandissent trop vite. En effet le plus grand pays d’Amérique du Sud pointe seulement en 59ème position en termes de PIB par habitant, un constat alarmant vis-à-vis de ses ambitions. Le Brésil, aussi connu pour ses carnavals que pour ses favelas, peine à retranscrire socialement ce que sa croissance lui rapporte. On pense évidemment aux manifestations qui ont animées le pays avant et pendant la coupe du monde de football, soulèvements qui se reproduiront, on l’imagine, pour les prochains Jeux olympiques en 2018. C’est dans ce climat que le réalisateur brésilien Fellipe Barbosa, après s’être essayé au documentaire, signe son premier long métrage. En posant sa caméra à Rio le cinéaste s’attaque à la capitale culturelle du pays, miroir d’une identité, mais surtout symbole d’un malaise. Loin du film carte postale, loin du misérabilisme également. Barbosa articule discrètement son militantisme autours d’une famille très aisée dont le père est en déroute financièrement. La maison de 1400m carrée et le jacuzzi vont de paire avec la cuisinière et le jardinier, un monde d’excès, un monde de servitude. Pour autant les frontières sont poreuses dans l’évidente dichotomie du dispositif affiché, dans le sens où la victimisation est refusée, le déterminisme nuancé. En fil conducteur : une histoire d’amour adolescente entre deux étudiants d’horizons radicalement différents, on danse dangereusement avec le cliché sur le papier, le résultat en est tout autre. On ne sait pas trop si la romance sert de justification à un discours politique en filigrane, où si elle est réellement l’objet du film. C’était sans doute l’effet escompté; comme un numéro d’équilibriste, un fil romanesque suspendu au dessus d’un océan de réalité.

Malgré la description cru du quotidien de cette famille embourgeoisée, encerclée par une misère plus suggérée qu’exposée; la caméra ne pose pas un regard malveillant sur ce père endetté, sur cette mère précieuse, sur ce fils qui est conduit à l’école par son chauffeur. Mais un regard honnête dira t-on, honnête sur les désillusions du travail, de la famille, et du cœur. En cela le film fait figure de parcours initiatique pour Jean, 17 ans, en âge de sortir de son cocon d’argent, de se confronter à une vision plus globale de la société brésilienne. Par le biais de cette jeune fille qu’il rencontre dans le bus qu’il prend pour la première fois de sa vie ; par le biais des serviteurs de sa demeure qui disparaissent au fur et à mesure que les factures s’accumulent. Le cinéaste s’adresse à tous en filmant de l’intime, du personnel, car après tout cela reste l’histoire de l’émancipation d’un gamin qui découvre l’injustice. Et sans s’apitoyer sur lui-même le film a le mérite de montrer ce qui doit l’être, on ne s’attarde pas dans le ghetto mais on y passe, et quand on pense que finalement c’est plus ou moins folklorique avec tout ces jolis murs colorés, on prend la rue suivante, et la boue recouvre tout, les pierres comme les pieds.

En distillant des débats dans le film (à l’école où à table) Barbosa interroge en parallèle ses spectateurs sur les questions sociétales qui animent réellement le pays (les quotas raciaux dans les universités par exemple), mais sans pour autant imposer une vérité, plus pour conduire vers une réflexion détachée de tout manichéisme. Et, en distribuant les torts et les raisons indépendamment ou presque de la géographie sociale, Casa Grande évite habilement de tomber, ni, dans une démagogie inefficace, ni dans un didactisme lourdaud sur la relation dominé/dominant. Tout cela lui permet une certaine légèreté de ton, dans son propos comme dans ses images. Puisqu’une tendresse flotte à la surface du film finalement, par-dessus les malentendus et la discorde, par-dessus les mensonges et la trahison. La musique et la danse, véritables patrimoines nationaux sont omniprésents, Fellipe Barbosa en fait même son cheval de Troie pour acculturer ces différents milieux, et rend visible les ponts et les fossés, qui rapprochent et séparent ce, ou ces peuples, on ne sait plus trop.

Car, évidemment, le constat demeure et demeurera ; que la misère domine, tentaculaire et venimeuse, que la ségrégation persiste. Mais le réalisateur compose avec, plutôt dignement, sans exhiber et sans cacher ; laissant évoluer ses amoureux sans laisse et sans a priori. Presque dans une optique de convergence, ou du moins de rencontre, le cinéaste brésilien entrecroise les chemins, pour lier ou délier les destins ; le tout dans cette Casa Grande, indécente parmi tant d’autre.

Synopsis: Enfant de l’élite bourgeoise de Rio de Janeiro, Jean a 17 ans. Tandis que ses parents luttent pour cacher leur banqueroute, il prend peu à peu conscience des contradictions qui rongent sa ville et sa famille.

Casa Grande : Bande-annonce

Fiche technique: Casa Grande

Sortie: 3 juin 2015
Nationalité: Brésilienne
Réalisation: Fellipe Barbosa
Scénario: Fellipe Barbosa, Karen Sztajnberg
Interprétation: Thales Cavalcanti, Marcello Novaes, Suzana Pires, Alice Melo, Bruna Amaya, Clarissa Pinheiro
Musique: Victor Camelo, Patrick Laplan
Photographie: Pedro Sotero
Production: Iafa Britz, Fernanda da Capua, Mauro Pizzo
Société de Distribution: Damned Distribution
Genre: Romance, Social
Durée: 1h54

Un Français, un film de Diastème: critique

Avant même sa sortie du film en salles, Un français faisait parler de lui comme un film polémique.

Synopsis : Dans les années 80, à Nantes, le jeune Marco Lopez s’amuse avec sa bande de skinhead à fustiger violemment les minorités. Tandis qu’il s’éloigne doucement des idéaux haineux de ses amis, Marco tente de se reconstruire mais ne réussit qu’à s’isoler.

Un buzz et un scandale mérités ?

C’est le refus de certains distributeurs d’organiser des avant-premières, par peur de réactions violentes de groupuscules d’extrême-droite qui se sentiraient visés par le film, qui a posé la question du caractère tabou de la violence raciste en France et sa représentation. Un débat d’autant plus important d’être posé que l’on a constaté, ces dernières années, que le racisme est devenu le ressort comique le plus attractif du cinéma français (les meilleurs exemples en sont Case Départ et évidemment Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu) alors que la dénonciation de la haine de l’Autre suscite toujours des remous médiatiques. La bien-pensance et l’hypocrisie du 7ème art hexagonal vis-à-vis de la question de la xénophobie risquaient donc d’être égratignées par le second film de Diastème (sept ans après Le bruit des gens autour). De quoi attirer la curiosité des cinéphiles. Et pourtant, la sortie du film s’est déroulée sans accroc, et il a été distribué dans un nombre de salles respectable pour une petite production.

Ce que nous propose le film est le parcours d’un homme que l’on découvre dans son adolescence comme un individu ultra-violent et détestable. Grâce à des plans-séquences maîtrisés, ces premières minutes réussissent à nous plonger dans les virées brutales de ce groupe de néo-nazis avec un réalisme certain et un pouvoir immersif sidérant. La poursuite de cette narration se construit en découpant la vie de Marco à grands coups d’ellipses. Le résultat d’une telle construction, qui plus d’une fois nous perd dans la temporalité des scènes, nous obligeant parfois à rechercher des repères divers et variés (allant des campagnes politiques aux émissions de télé en passant par les événements sportifs), est que le scénario ne fait que se concentrer sur les grandes étapes et événements marquants de la vie de Marco sans jamais pouvoir prendre le temps de développer en profondeur son évolution psychologique. Celle-ci nous est de fait présentée de manière factuelle, donnant au long-métrage un aspect didactique regrettable.

C’est finalement moins la volonté de rédemption de Marco, argument rendu candide par son manque d’approfondissement moral, que le parcours de ses amis qui alimente le discours politique du long-métrage. Entre la séropositivité de son ami devenu héroïnomane, le meurtre d’un autre par un punk ou encore l’incarcération du plus violent de la bande après un assassinat insoutenable, la façon dont l’entourage de Marco parait condamné à disparaître donne au propos un air de nihilisme. Mais c’est surtout en voyant le leader de ces skinheads opter pour un militantisme plus policé mais non moins virulent, que Diastème s’attaque frontalement au Front National en démontrant que, derrière sa politique de dédiabolisation, le parti de Marine Le Pen reste un repère d’anciens criminels uniquement animés par la haine la plus primaire. Une démonstration un peu explicative certes mais assez efficace.
La réussite du film doit beaucoup à la prestation d’Alban Lenoir, tout aussi crédible dans ses passages rageurs que dans la retenue de la maturité. Tandis que la bande-annonce pouvait laisser craindre une réalisation aux allures de téléfilm, la qualité de l’image est une bonne surprise. La mise en scène s’accorde parfaitement à la brutalité qu’elle dénonce. Le réel problème formel est donc bien cette construction narrative ultra-découpée qui s’emploie à nous exposer des morceaux de vie plutôt que d’approfondir les choix de son personnage.

Un Français est donc une œuvre inaboutie dans le sens où elle ne réussit qu’à aborder de façon superficielle la problématique de la haine raciste alors que celle-ci aurait mérité d’être étudiée de façon plus subtile en disséquant les origines psychologique d’une telle bêtise et l’organisation de ces mouvements fachos comme avaient pu le faire, dans leur pays respectif, Made in Britain ou American History X. Pourtant, sa façon de suivre les parcours –sur plus d’un quart de siècle– d’individus méprisables parvient à nous faire comprendre le cheminement de certains membres du FN ou de la Manif pour tous.

Un français : Bande-Annonce

Un Français : Fiche Technique

Réalisation: Diastème
Scénario: Diastème
Interprétation: Alban Lenoir (Marco Lopez), Samuel Jouy (Braguette), Paul Hamy (Grand-Guy), Jeanne Rosa (Kiki), Lucie Debay (Corinne)…
Image: Philippe Guilbert
Décor: Riton Dupire-Clément
Costume: Frédéric Cambier
Son: Jean-Marie Blondel
Montage: Chantal Hymans
Producteur: Philippe Lioret, Marielle Duigou
Production: Fin Août Productions, Mars Films, France 3 Cinéma
Distributeur: Mars Films
Genre : Drame social
Durée: 1H38
Date de sortie: 10 juin 2015

France – 2015

Cartel land, un film de Matthew Heineman : Critique, Champs-Élysées Film Festival

Matthew Heineman, cinéaste américain, est connu pour son dernier documentaire Escape Fire présenté au Festival Sundance 2012. Cartel Land a également été présenté au Festival Sundance 2015 et y a remporté deux prix.

Synopsis : A la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis règne la terreur des cartels de la drogue, responsables de meurtres et d’enlèvements chaque année. Le documentaire suit en parallèle le combat de deux hommes contre cette menace. Au cœur du village mexicain de Michoacán, José Mireles, surnommé El Doctor, est le chef de l’Autodefensas, un mouvement citoyen contre les Chevaliers Templiers, le plus redoutable cartel de drogue de la région qui sévit depuis plusieurs années. Aux Etats-Unis, aux frontières entre le Mexique et l’Arizona, le vétéran Tim ‘Nailer’ Foley et son groupe paramilitaire Arizona Border Recon, luttent contre l’invasion de la guerre des cartels mexicains en Arizona.

La Frontière indicible entre le bien et le mal.

Dès le début, Matthew Heineman se refuse à prendre parti. L’idée de réaliser ce film lui est venue d’un article qu’il avait lu sur les groupes d’autodéfense qui se forment à la frontière entre le Mexique et l’Arizona. Le documentaire suit deux histoires en parallèle, réunies par le problème des cartels de drogue.
Du coté des Etats-Unis, la peur et la paranoïa poussent Tim Nailer à créer son propre groupe de patrouille aux frontières mexicano-americaines. Coté Mexique, c’est à travers la figure du chef, José Mireles et son groupe d’autodéfense citoyenne, que l’on fait face à une guerre réelle qui oppose villageois et cartels de drogue.
On suit alors deux points de vues avec des histoires différentes, mais réunies par un même combat. La caméra garde un point de vue d’historien, droit et centré, tout en rentrant dans l’intimité de ces deux personnages. En particulier pour José Mireles, dont la vie a été chamboulée et mise en danger par son implication dans l’Autodéfense.
Tout comme a pu se questionner le réalisateur en faisant le film, comment réagirions nous si nous étions à la place de ces deux hommes ? Serions-nous, nous aussi, prêts à nous battre pour notre communauté ? Serions-nous victimes ou assoiffés de justice face à un gouvernement incapable d’assurer la sécurité ? Ainsi, le documentaire nous immerge dans la vie de ces camps pour mieux nous montrer qu’il n’est plus juste question de camps ou d’ennemis.

Le Mexique, aux portes de l’Enfer.

Ainsi, durant des mois, le réalisateur s’est immergé au cœur du problème, du côté mexicain. A travers les différents groupes d’Autodefensa, on comprend leur pouvoir grandissant mais menaçant. La limite entre justice et guérilla devient floue parmi tous les hommes armés.
Au fur et à mesure que le documentaire évolue, on se rend compte que rien n’est tout blanc ou tout noir. Un jour ces groupes sont illégaux, le lendemain ils sont soutenus par l’état. Criminels ou justiciers, leur t-shirt blanc et leur masque ne font plus la différence. C’est exactement ce que veut montrer ce documentaire, la vérité même si celle-ci s’avère difficile. Les cartels de drogue financent ces groupes d’autodéfense, donc chacun a besoin de l’autre pour exister.

Documentaire proche de la fiction.

Si le documentaire se sert des codes de la fiction, il est tout à fait réel. Loin des scénarios présentés par les médias, via les séries télé comme Breaking Bad, l’histoire des trafics de drogue est le théâtre d’une guerre invisible. A la fois sombre et perturbant, le film veut raconter l’histoire des victimes, à travers des témoignages et des images de têtes décapitées.
Une équipe restreinte a été mobilisée pour le film et c’est essentiellement Matthew Heineman qui filme tel un reporter de guerre. Même lors des scènes de fusillade ou de nuit, la caméra adopte un point de vue proche d’un film de fiction. On oublie parfois, si ce n’est grâce à des mises au point floues et des tremblements, que l’on est dans un documentaire.
Un documentaire qui veut faire réagir. Le cycle de violence dépeint doit être stoppé, ou du moins être combattu. Le réalisateur est conscient que ce film va faire débat, ça en est peut être même le but ? A la question, « Comment régler ce problème des cartels de drogues? » La réponse est économique avant tout. Si le Mexique produit autant de drogue, c’est parce que les américains en demandent et en achètent. L’enjeu est politique et la part de responsabilité incombe donc aussi aux Etats-Unis.

Cartel Land sera projeté aux Etats-Unis et au Mexique en Juillet 2015, et fera sûrement parler de lui.

Bande-annonce : Cartel Land

https://www.youtube.com/watch?v=dUehTaj_Kd0

Fiche technique – Cartel Land

Titre original : Cartel Land
Date de sortie : 3 juillet 2015 (Etats-Unis)
Nationalité : Américaine, mexicaine
Réalisation : Matthew Heineman
Scénario : Matthew Heineman
Interprétation : NR
Musique : NR
Photographie : NR
Décors : NR
Montage : Matthew Heineman
Production : Tom Yellin, Matthew Heineman
Sociétés de production : Our Time Projects, The Documentary Group
Sociétés de distribution : The Orchard
Budget : NR
Genre : Documentaire, Drame, Guerre
Durée : 98 mins
Récompense(s) : NR

Première affiche de la 8ème édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

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Crée en 2007 par l’Association Spectre, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS) est de retour pour une huitième édition.

Concurrent direct au Festival de Gérardmer dans le Grand Est, le FEFFS a rapidement su s’imposer auprès des fans et devenir l’un des plus importants festivals de genre en France. Sa popularité ne cesse de s’accroître d’année en année notamment grâce à la présence d’invités de marque (Tobe Hooper, George A. Romero, etc.), des avant-premières d’exceptions (Bellflower, Take Shelter, Moon, Buried, Monsters, Rubber, Kill List, etc.), des manifestations impressionnantes (la plus grande Zombie Walk d’Europe s’y trouve) et une programmation du feu de dieu. Cette année, le festival aura lieu du 18 au 27 septembre dans le centre-ville historique de Strasbourg. Quelques infos et une première affiche ont récemment été dévoilées par l’association.

Signée par l’illustrateur Mahon, qui officie depuis le début du festival, l’affiche présente les chérubins du Village des Damnés devant la reconnaissable Cathédrale de Strasbourg. Après avoir accueilli Tobe Hooper ou George A. Romero à la présidence du Jury Long-Métrage, cela laisserait-il sous-entendre que John Carpenter puisse être présent au festival ? Ou du moins qu’une rétrospective lui soit consacrée ? Quoiqu’il en soit, cette édition du FEFFS sera sous le signe de l’enfant dans le cinéma fantastique, la thématique y est en effet intitulée « Kids in the Dark ».

La programmation y est encore inconnue mais devrait être dévoilée progressivement ces prochaines semaines. Le communiqué officiel annonce que cette huitième édition du FEFFS projetera une trentaine d’avant-premières venues du monde entier, et en présence des réalisateurs. Ajouté à cela la diffusion neuf grands classiques « rarement diffusées sur Grand Ecran » prévus dans sa rétrospective thématique.

Le FEFFS au-delà de sa programmation alléchante, c’est également une section Jeux Vidéo très complète avec une compétition de jeux vidéo indépendant (l’Indie Game Contest), des expositions et des salles de jeux. Le Village Fantastique change de destination et sera désormais Place Saint-Thomas, pour tous les amoureux du cinéma de genre. La fameuse Zombie Walk, qui chaque année voit déambuler des hordes de zombie d’un jour dans les rues de Strasbourg, aura lieu le samedi 19 septembre. Des conférences et des expositions seront également au programme. Une projection en plein air gratuite est prévue le mardi 22 septembre 2015, ce qui s’avère indispensable tant la séance de SOS Fantômes l’an passé avait été un succès, avec deux mille spectateurs.

Rappelez-vous, l’an passé un membre de la rédaction était parti couvrir tout l’événement afin de vous dénicher les perles du cinéma de genre à ne pas louper. Il nous avait rapporté dans ses bagages des souvenirs inoubliables et quelques films marquants comme les révélations A Girl Walks Home Alone at Night de Ana Lily Amirpour, What We Do in the Shadows de Jemaine Clement et Taika Waititi, White Bird de Gregg Araki, Alléluia de Fabrice du Welz, Predestination des frères Spierig ou le somptueux court métrage The Landing de Josh Tanner.

Comptez sur la rédaction de CineSeriesmag pour être à nouveau présent au festival, cette année !


Pour plus d’informations : http://strasbourgfestival.com/

Cinquante Nuances de Grey accusé d’encourager les abus domestiques

Le centre National contre l’Exploitation Sexuelle poursuit sa guerre contre Cinquante Nuances de Grey

Le centre National contre l’Exploitation Sexuelle (NSE), qui avait déjà condamné le film Cinquante Nuances de Grey lors de sa sortie en salles tente à présent d’interrompre la saga après l’annonce du spin off consacré à Christian Grey faite par E.L. James. Le directeur du NSE, Dawn Hawkins, a déclaré que le personnage de Christian Grey représentait « un homme qui torture et contraint l’objet de son amour pour son plaisir sexuel. »

« En réalité, trop de femmes souffrent chaque jour entre les mains de la violence et des abus. Considérer de telles brutalités comme un jeu érotique ou justifiable à cause d’expériences abusives passées ou encore pour la richesse et le pouvoir, est une offense et un affront à toutes les femmes victimes d’abus… », ajoutait le président. « La poursuite d’une telle saga encourage la banalisation des abus domestiques. Cela renvoie un message mensonger selon lequel les victimes peuvent doser la violence et contrôler leurs partenaires en étant obéissantes. »

Le président Hawkins encourage le public à soutenir la campagne 50 Dollars pas 50 Nuances lancée cet hiver pour la sortie de Cinquante Nuances de Grey en choisissant de boycotter le film et en utilisant leur argent dans des lots de tickets, popcorn et boissons pour aider les refuges et les agences qui luttent contre la violence domestique. Une ambition certes louable mais qui soulève débats et polémiques.

Hollywood est d’ailleurs accusé de véhiculer les mêmes clichés que la pornographie et le site du NSE est assez explicite à ce sujet. On peut y lire ces propos : « L’industrie du porno conditionne les hommes et les femmes à accepter que la violence sexuelle est divertissante. Cinquante nuances de Grey diffuse ce credo et Hollywood encaisse le chèque ! »

Une enseignante renvoyée pour avoir montré le film à ses élèves

Des accusations qui vont, peut-être, un peu loin quand on sait que, pour échapper à la censure, le film a été tourné sans les scènes les plus « hard » du roman. Pour autant, ce n’est pas une raison suffisante pour en faire une exploitation pédagogique. C’est pourtant l’expérience qu’une enseignante tchèque a tenté avec ses élèves de troisième le 13 mai dernier. Il sera mis fin au contrat de cette professeure remplaçante le 30 juin prochain pour avoir montré en classe le film Cinquante Nuances de Grey alors interdit aux moins de 15 ans en République Tchèque.

Izombie, saison 1: critique série

La CW semble avoir trouvé son filon en montant un partenariat avec DC. Troisième adaptation d’une série de comics après Arrow et Flash, Izombie n’appartient toutefois pas à l’univers connecté des deux autres héros (même si l’idée d’un cross-over n’est pas sans charme).

Zombie pro, nouveau look pour une nouvelle mort

Librement adapté de l’œuvre du même nom de Michael Allred et Chris Robertson, le pitch reprend l’idée de la jeune zombie devant dévorer des cerveaux pour garder un semblant d’humanité, mais obligée de revivre les souvenirs et adoptant la personnalité de son repas. Une compétence qu’elle décide de mettre au service de la police en travaillant à la morgue, ce qui lui permet de se nourrir facilement. Si le principe promet un feuilleton gothique teinté d’humour noir et d’horreur, il ne faut pas oublier que l’on est sur la CW qui préfère produire des séries teen gentillettes. Le genre de show où rien ne dépasse, où tous les personnages semblent sortir d’un magazine de mode tandis que la morale reste relativement sauve.

À partir de là, le titre, Izombie, n’est pas dénué d’une ironie mordante. S’il fait référence en premier lieu au dilemme intérieur du personnage (« moi, zombie »), il est difficile de ne pas penser également aux produits technologiques qui ont envahi notre quotidien. Ipod, Iphone, Ipad…des produits fonctionnels à l’utilité plus ou moins évidente qui amusent le public. De la même manière que l’informatique est passé d’une activité d’initiés à un objet du quotidien, le zombie, autrefois symbole de contre-culture, s’est assagi. Fini la décomposition putride ou les membres tombants, le zombie est devenu propre, bien habillé, sexy et surtout docile et utile à la société. Constat alarmant ou évolution logique d’une figure qui a bien trop longtemps fait sa crise d’ado et décide de passer à l’âge adulte ? Il n’empêche que ce relooking fait rentrer le mort vivant dans le rang, chose que les puristes vont difficilement avaler en imaginant leur monstre favori lavé du cerveau et pleinement compatible avec la génération 2.0. De toute façon il faut se rendre à l’évidence, la culture geek n’est plus cette tendance underground méprisée par les sportifs bêta et les mannequins taille 32, défendue bec et ongles par des tribus d’obscur barbus jouant aux jeux vidéos dans des caves. Elle est devenue une mode prête à porter, que le public s’est approprié en totalité. Aussi, découvrir Liv Moore (jeux de mots subtil) arborant fièrement une crinière de cheveux blancs et un teint légèrement plus pâle que la moyenne tient finalement d’une évolution logique plutôt que d’une volonté des producteurs de cracher sur un héritage.

Il faut toutefois y aller avec des baguettes avant de parler de réinvention du genre. Si Izombie ne respecte pas les codes imposés par ses illustres modèles, elle se contente de les remplacer par d’autres. La formule est donc celle d’un procédural classique où un personnage extérieur doté d’une capacité spéciale apporte son aide aux forces de polices. Dead Zone, Mentalist, Medium…les exemples ne manquent pas, et cette nouvelle série ne change finalement que l’emballage pour proposer le même produit bien sage où l’on devine rapidement que le coupable est le troisième personnage interrogé par le flic bourru. Déjà vu…mais il faut admettre que l’ensemble ne manque pas de charme, surtout grâce aux acteurs. Rose McIver est relativement drôle dans son rôle de zombie à l’identité variable, même si ses personnalités d’emprunt tombent régulièrement dans le cliché (la pom-pom girl cruche, l’artiste hypersensible…). En face, David Anders incarne avec un charisme certain le psychopathe qui mettra un peu de désordre dans cet univers trop lisse. Pour le reste, si les enquêtes peuvent parfois paraître bancales, l’intrigue générale réserve tout de même quelques jolies surprises comme l’apparition d’un second antagoniste en fin de course, caricature à peine déguisée du fondateur de Redbull, ou l’évolution étonnante de Major, l’ex petit ami à la mâchoire carrée.

Pour l’instant, la CW propose un procédural classique un peu hésitant dans sa part laissée au surnaturel, préférant les explications pseudo-scientifique maladroites plutôt que le fantastique pur et évitant au maximum les détails trop gore. Izombie n’est finalement pas si éloignée de sa grande sœur Arrow, qui jouait également la sécurité d’un concept efficace avant de trouver son rythme et son identité. En espérant alors que les scénaristes suivent la même voie et se libèrent de ce cahier des charges un peu poussiéreux afin de proposer quelque chose de vraiment fun et divertissant. Après tout, le comics original a aussi des fantômes, des momies, des vampires joueuses de paintball et des loup-garous. Si la série creusait dans ce sens plutôt que d’essayer de copier Veronica Mars (ancienne série du producteur Rob Thomas), elle trouverait sûrement ce nouveau souffle dont elle aurait grand besoin et ressemblerait un peu moins à un produit formaté pour le grand public.

Synopsis : Olivia « Liv » Moore, une étudiante en médecine transformée en zombie suite à une soirée qui a mal tourné devient médecin légiste pour calmer sa faim. Mais, à chaque bouchée, elle hérite des souvenirs des victimes. Elle décide donc d’aider le détective Clive Babineaux à résoudre des affaires criminelles.

Izombie : Bande-annonce

Fiche Technique – Izombie

Titre original : Izombie
Titre français : Izombie
Date de sortie : 2015
Nationalité : États-Unis
Création : Rob Thomas
Épisodes : 13 (45 min)
Interprétation : Rose McIver, David Anders, Malcolm Goodwin, Rahul Kohli, Robert Buckley…
Musique : Josh Kramon, Deadboy & the Elephantmen.
Production : Table Six Production, Spondoolie Production, Vertigo, Warner Bros, DC Comics.
Distribution : The CW
Budget : N.C
Genre : Policier, Fantastique, Horreur.

Hunger Games : La Révolte, partie 2 : découvrez la bande-annonce

Hunger Games : La Révolte, partie 2 : la bande-annonce explosive du film enfin disponible !

Synopsis : Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et le Président Snow vont s’affronter pour la dernière fois. Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss. Les pièges mortels, les ennemis et les choix déchirants qui attendent Katniss seront des épreuves bien pires que tout ce qu’elle a déjà pu affronter dans l’arène…

Annoncée quelques jours auparavant par Jennifer Lawrence sur Facebook au travers de la photo ci-dessus intitulée « 6.9.15#MockingjayPart2#Unite » (09/06/15#GeaimoqueurPart2), la bande-annonce de Hunger Games : La Révolte (Moquingjay), partie 2 est enfin disponible !

Elle correspond à la fin officielle du tournage du quatrième volet de la saga Hunger Games confirmée par le réalisateur, Francis Lawrence, sur Twitter. Un dernier épisode qui sent la vengeance à plein nez à en croire les propos clamés par Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) dès le début du trailer : « Snow (Donald Sutherland) doit payer pour ce qu’il a fait ! ».

Hunger Games : La Révolte (partie 2) sortira le 18 novembre prochain au cinéma. Pour l’apogée finale d’une rébellion contre le Capitole engagée depuis la fin de l’épisode 1, on retrouvera Haymitch Abernathy (Woody Harrelson), Peeta Mellark (Josh Hutcherson) ainsi Gale Hawthorne (Liam Hemsworth) et Finick Odair (Sam Claflin).

Hunger Games : La Révolte, partie 2 : Bande-annonce

Dégradé, un film de Tarzan et Arab Nasser : critique

Présenté en compétition à la Semaine de la Critique à Cannes cette année, Dégradé est un film qui nous vient tout droit de Palestine.

Synopsis : Une famille mafieuse a volé le lion du zoo de Gaza et le Hamas décide de lui régler son compte ! Prises au piège par l’affrontement armé, treize femmes se retrouvent coincées dans le petit salon de coiffure de Christine. Ce lieu de détente devenu survolté le temps d’un après-midi va voir se confronter des personnalités étonnantes et hautes en couleur, de tous âges et de toutes catégories sociales…

13 femmes 

De là-bas, nous parviennent le plus souvent des images de guerre. Or, cette histoire de femmes (contée par deux hommes), pourtant située en plein Gaza, prend le parti de ne pas parler  directement de guerre, mais de vie. Ainsi, si des figures s’affrontent, c’est sans armes. Le conflit armé a lieu hors les murs, on l’entend, mais on ne le vit que par le son. Tel un huis-clos, tout le film se passe à l’intérieur d’un salon de coiffure où treize femmes se retrouvent coincées. D’abord d’apparence frivoles, leurs conversations deviennent de plus en plus tendues et révélatrices de leur désir de vie, mais aussi des querelles sanguinaires qui se passent au dehors. Confinées, elles se révèlent de plus en plus et certaines envahissent même l’espace telles des chefs de meute. Le film commence sur un ton léger, c’est un moment de détente comme un autre, mais une arrivée impromptue vient tout bouleverser : un lion volé et exhibé par le petit ami d’une des coiffeuses du salon. Étrange ballet, drôle au départ, mais qui déclenche une salve de coups de feux.

Un récit décoiffant ? 

L’intérêt principal de ce premier film est de montrer le conflit autrement et de s’interroger sur ce qu’est être une femme aujourd’hui en Palestine. Pour cela, les deux frères réalisateurs, qui ne manquent pas d’humour, ont tenté de réunir à travers leurs personnages un large panel de femmes « de tous âges et de tous horizons ». Résultat, se côtoient dans ce salon une divorcée, une fervente religieuse, une future mariée et bien d’autres personnages hauts en couleurs. Chacun a sa fonction propre dans le film et avec cela son discours. Si bien que tout est fait pour que le conflit qui se joue à l’extérieur, se déplace aussi à l’intérieur. Les femmes du salon se mettent alors à parler de politique et forment même un gouvernement imaginaire, s’écharpent aussi sur des différences de croyances, de convenances. On y croise même une lionne, cheveux devenus crinières qui vocifère sur chacune des clientes. Quelque chose se noue et les aspirations des jeunes filles sont retranscrites. D’autant que si dehors c’est la mort qui advient, à l’intérieur, c’est la vie qui se joue et une autre tension qui démarre : une des clientes est prête à accoucher. On perçoit alors dans ce film des éclats de voix, des rires et des pistes de réflexions. Cependant, si le film parvient à retranscrire un bouillonnement, une pulsion de vie, il est trop démonstratif. Son propos, sa nécessité vitale en plein conflit en fait un film fort, mais ses personnages restent trop enfermés dans des fonctions qui peinent à éviter les clichés attendus. Le film travaille comme un miroir, celui d’une société en souffrance. On y croise alors des femmes figées dans une posture que le film exige pour pouvoir s’exprimer pleinement. Sur un ton à la fois léger, mais décalé par l’urgence de la situation extérieure, le film verse parfois dans l’exagération, mais demeure un message humaniste très fort, réalisé par deux frères au talent certain. Il porte la voix de ceux qui souffrent chaque jour, enfermés dans un conflit qui les dépasse alors qu’ils ne font que rêver d’avenir (grossesse, mariage…) et de liberté (de culte, d’opinion, de création). Après 1h20, on se dit tout de même que Dégradé est moins décoiffant que ne le laissait rêver son titre. Un titre évocateur autant d’une coupe de cheveux que de l’évolution catastrophique d’une situation que le film dénonce à sa manière…

Dégradé : Bande annonce

Dégradé : Fiche technique

Réalisation/scénario : Arab et Tarzan Nasser
Interprètes : Hiam Abbas,  Maisa Abd Elhadi, Manal Awad, Mirna Sakhla, Victoria Balitska, Dina Shuhaiber …
Compositeur : Benjamin Grospiron
Directeur de la photographie : Eric Devin
Monteuse : Sophie Reine
Production : Les Films du Tambour, Made In Palestine Project
Coproduction : Full House, Mille et Une Films, Abbout Productions
Distributeur international : Elle Driver
Distributeur France : Le Pacte
Durée : 83 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 27 avril 2016

Palestine/France/Quatar – 2015