Bruno Reidal est un film policier qui (d)étonne dans le paysage cinématographique actuel. L'oeuvre délaisse l'enquête policière au profit de l'introspection intime. En donnant la parole au meurtrier plutôt qu'aux enquêteurs, Vincent Le Port subvertit sciemment les codes classiques du polar. Placée sous le signe de la subjectivité, la narration évite cependant tout manichéisme. Le cinéaste invite son public à la réflexion. Car, si la confession du meurtrier n'annule pas le crime, elle déplace, néanmoins, le regard du spectateur en l'obligeant à considérer l'homme derrière le monstre.
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Conscient de ne pas réinventer la poudre avec son pitch directement issu des 90's, Michael Bay livre avec Ambulance une symbiose étonnante entre les deux pôles de son cinéma : d'un côté, un hyper-réalisme directement tiré de son 13 Hours ; de l'autre, un spectacle volontairement outrancier mais dont les expérimentations esthétiques le propulsent bien au-delà de la mêlée de l'entertainment hollywoodien. De quoi prouver aux derniers récalcitrants que Bay est bien l'un des derniers auteurs de divertissement américain et que, pour ça, il faut le préserver à tout prix.
De nos frères blessés est le deuxième long métrage d'Hélier Cisterne (que l'on a vu aussi aux commandes du Bureau des légendes). Le réalisateur y raconte l'histoire vraie de Fernand Iveton, condamné à mort en 1956 en pleine guerre d'Algérie pour une bombe qui n'a jamais explosé et n'avait pas pour objectif de tuer. Condamné et non gracié par François Mitterrand alors Garde des sceaux. Une histoire de fou (pour plagier Guédiguian) qu'Hélier Cisterne fait sienne avec une simplicité bienvenue et pleine d'une belle émotion.
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L’Ombre d’un mensonge est un film assez différent de ce à quoi le cinéaste Bouli  Lanners nous a habitué. Qualifié par lui-même de Grand Public, le film,  d’une très grande beauté formelle, analyse sur fond d’une histoire d’amour, les mœurs étriquées d’une société gaélique bornée  par des pratiques religieuses d’un autre âge, desquelles des membres sont avides de s’échapper.
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Si vous ne connaissiez pas encore le nom d'Anaïs Volpé, Souheila Yacoub et Déborah Lukumuena, Entre les vagues devrait vite vous les faire connaître. En racontant l'histoire de deux jeunes amies prêtes à tout pour vivre leurs rêves, le film réussit autant à émouvoir qu'à forcer le respect (cinématographique).
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Si le film transpire l’amour sincère pour la ville, la nostalgie de Branagh a ôté aux images de son enfance toute l’âpreté qu’exigeait la période historique dans laquelle elles s’inscrivent. Bien trop policé, Belfast se présente dès lors comme un drame familial très gentillet, dont l’empreinte demeure superficielle. C’est bien connu, la nostalgie embellit toujours le passé.
The Batman apparaît, à l'issue de ces 3h quasi homériques, comme un film plein de cinéma jusqu'à la gueule. Mais au-delà de ce simple constat qui lui permet déjà de se hisser au-dessus de la mêlée super-héroïque, The Batman est surtout une brillante réadaptation de l'icône qui le confronte enfin à un abîme empli de désespoir et de nihilisme.
Pour celles et ceux qui connaissent la filmographie de Jean-Pierre Jeunet, Big Bug aura de quoi les étonner. Le huitième long-métrage du réalisateur pousse jusqu'au paroxysme les caractéristiques qui ont fait le succès de son réalisateur. L'œuvre oscille, en effet, entre plusieurs genres, allant de la captation théâtrale au film de science-fiction classique.
Après La Loi du marché (2015) et En Guerre (2018), Stéphane Brizé clôt avec Un Autre monde le dernier chapitre d'une trilogie consacrée au monde de l'entreprise. Un nouveau dilemme moral s'offre à Vincent Lindon, enfin au personnage qu'il incarne. Après avoir cherché un emploi, combattu pour sauvegarder son usine, l'acteur incarne cette fois un patron qui doit licencier, pour la seconde fois en très peu d'années, une partie de ses salariés au nom de la rentabilité du grand groupe qui l'emploie. Un film marqué par la solitude et le besoin de redéfinir l'humanisme pour se (re)construire.
Sans doute est-ce là la conséquence d’une production à ce point chaotique qu’elle aura duré pas loin de 15 ans et aura mis sur les rotules au moins 5 réalisateurs et un Mark Whalberg qui a ainsi perdu possiblement le rôle de sa vie ; mais l'adaptation tant attendue d'Uncharted s'avère être un spectaculaire ratage. Plat, uniformisé et terriblement conventionnel, la mouture signée Ruben Fleischer est hélas la nouvelle preuve qu'Hollywood ne sait pas comment adapter un jeu vidéo.