Premier long-métrage d’Anaïs Tellenne, L’Homme d’argile est un conte existentiel, onirique et sensuel sur le pouvoir expressif du regard et la monstruosité des illusions. Dans cette relecture contemporaine et romantico-mélancolique du mythe de Pygmalion et Galatée, la jeune réalisatrice met en scène l’histoire d’amour impossible d’Emmanuelle Devos et Raphaël Thiéry, l’une artiste plasticienne en panne d’inspiration, et l’autre son étrange créature-muse au masculin. Toute la beauté du film réside dans la métaphore chimique et l’éclat déchirant de leurs deux visages, qui, enfermés dans un manoir hors du temps, oscillent constamment entre pudeur et désir, ennui et admiration. D’un bout à l’autre, tout sonne juste. Une vraie réussite.
Emmanuelle Devos et Grégory Montel suffisent à porter ce film intimiste qui invite à découvrir un sens trop négligé, au travers d'un métier fantasmé. Guillaume, chauffeur privé, fait la connaissance de sa nouvelle cliente, Anne, qu'il doit accompagner en France au gré de ses déplacements professionnels. Il ignore tout de son métier qui semble consister à sentir, noter et reproduire des odeurs.
Avec Numéro Une, Tonie Marshall met sur le devant de la scène cinématographique, une femme qui tente de briser le plafond de verre en accédant à la tête d'une entreprise du CAC 40. Sans exagération ni angélisme la réalisatrice et son actrice, Emmanuelle Devos, font de ce film un combat pour plus d'égalité, d'évidence dans les rapports hommes-femmes, ici spécifiquement dans le monde de l'entreprise. Sans négliger les seconds rôles (de Suzanne Clément à Benjamin Biolay), le film est une belle découverte en salles dès le 11 octobre 2017.
Moka, le nouveau film de Frédéric Mermoud est une réussite en demi-teinte, un fabuleux portrait de femmes, notamment celui d'une Emmanuelle Devos au top de son art, mais une intrigue policière un peu molle. Beau et élégant comme la couleur moka, le film offre de somptueuses images des bords du lac Léman.
Du 31 mars au 5 avril 2026, Reims se métamorphose une nouvelle fois en capitale du film noir. Pour sa sixième édition, Reims Polar investit les salles obscures de l'Opéraims, sur la place Drouet d'Erlon, en plein cœur d'une ville qui porte en elle quelque chose d'unique : l'art de vieillir avec grâce, de sacrer les rois, et de faire naître des bulles de champagne dans ses caves labyrinthiques. C'est dans cet écrin de pierre et d'histoire que le polar, genre éternel et universel, trouve chaque année l'une de ses maisons les plus fidèles.
Dans La Condition, Jérôme Bonnell orchestre un huis clos oppressant où la domination patriarcale écrase deux femmes que tout oppose, jusqu’à faire naître une sororité inattendue. Un drame féministe tendu comme un thriller, porté par des acteurs au sommet.
La 29ème édition du festival Les Œillades se déroulera du 18 au 23 novembre et mettra à l'honneur la thématique "Arts et cinéma". Au programme : 31 avant-premières prestigieuses réparties dans les trois salles albigeoises Arcé, Lapérouse et Cordeliers, dont 12 longs-métrages en compétition pour le Prix du Public, 16 séances « Reprises » pour redécouvrir les œuvres qui ont marqué l’année 2025, mais aussi la traditionnelle compétition de courts-métrages, une carte blanche au distributeur Jour2Fête, et une masterclass autour de la musique de film dirigée par le compositeur Michel Petrossian. Cette année, le festival inaugurera sa première nuit du cinéma, conçue autour de trois longs-métrages issus de la sélection.
Un silence se voit autant comme un suspense à combustion lente que comme un drame familial feutré et froid. Sur ces deux versants, c'est réussi et impressionnant de maîtrise technique et narrative. Lafosse ne signe peut-être pas son meilleur film, mais en tout cas un film qui marque les esprits et qui interpelle.
En 2025, le cinéma a révélé une vitalité rare : entre gestes d’auteurs affirmés, récits intimes, propositions radicales et nouvelles voix, l’année compose un paysage foisonnant où mémoire, doute et réinvention se croisent sans cesse. À travers ce top, la rédaction du Mag du Ciné dresse un état des lieux du cinéma contemporain, entre œuvres marquantes, visions singulières et explorations formelles qui témoignent d’un art toujours en mouvement.
Entre rêve et réalité, le cinéma nous offre des scènes suspendues qui fascinent et subjuguent. De Huit et demi à Edward aux mains d’argent, de Life of Chuck à Le Vent se lève, ce dossier explore l’imaginaire et l’onirisme des grands auteurs, où la magie des images nous émerveille et nous surprend.
Découvrez les nombreux clins d'œil et références cachées dans Beetlejuice Beetlejuice de Tim Burton, un hommage à ses films iconiques. Un décryptage détaillé des allusions et hommages qui ravira les fans de longue date et les nouveaux venus
Après "X" et "Pearl", Ti West conclut sa singulière trilogie terrifique avec "MaXXXine", sorti en salles le 31 juillet. Si le premier film n'a pas vraiment trouvé son public, avec moins de 50 000 entrées en France, et le second son distributeur, conduisant à un passage direct en VOD, le bouche-à-oreille, internet et Netflix ont consacré le succès de la triade X. Grâce à trois volets bien distincts par leurs époques et leurs approches, mais réunis par une vision unique et l'interprétation sans faille de Mia Goth, la trilogie aborde la soif de désirs inassouvis et la quête de célébrité au coeur d'une Amérique puritaine. À la fois drôles, gores, esthétiques, déroutants et bourrés de références, X, Pearl et MaXXXine composent une des partitions d'horreur les plus réussies de ces dernières années. Focus sur un univers malsain qui a peut-être encore à raconter...
Quelle nous laisse sans voix, quelle nous laisse en larmes, quelle nous déçoive ou nous mette en colère, quelle nous plonge dans le désarroi ou que l'on ait besoin de la regarder une deuxième fois pour la comprendre, pour l'accepter ou pour l'admirer, la fin d'un film est souvent un grand moment de cinéma et d’émotion. La rédaction du MagduCiné vous confie la suite de sa sélection, forcément subjective et servie avec spoilers, de ces dernières minutes de cinéma qui ont chaudement marqué leur sensibilité et leurs esprits.